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L’hypothèse d’un accueil au Congo du désormais ex-président de Guinée, Alpha Condé, a été fortement avancée par les médias occidentaux cette semaine. Hypothèse ou ballon d’essai, cette possibilité se fondait sur l’amitié qui liait l’ancien président guinéen à son homologue congolais. On sait que dans l’histoire récente de nos pays, plusieurs anciens présidents ont trouvé refuge dans d’autres pays du Continent, voisins ou lointains.
Même l’Afrique centrale n’en serait pas à son premier accueil après déchéance, puisque le Président camerounais Hamadou Ahidjo est décédé au Sénégal en novembre 1989. Et que l’ex-président éthiopien Mengistu Hailé Maryam est toujours réfugié au Zimbabwe, et qu’après un temps d’exil, l’ancien président du Tchad Hissène Habré, est mort dans une prison au Sénégal cette année.
Le Maroc a donné asile à l’ancien président du Zaïre, Mobutu ; la Côte d’Ivoire accueille l’ancien président burkinabé Blaise Compaoré, et le Sénégal a également accueilli l’ex-président du Mali, Hamadou Toumani Touré quand il a été poussé vers la sortie. Donc, il y a une tradition assez consolidée d’accueil d’anciens présidents africains dans des pays africains.
Il s’agit de décisions qui se prennent souvent au niveau des chefs d’Etat en exercice par amitié, par devoir, pour des raisons humanitaires ou pour toute autre justification plausible «qui fait bien» et qui permet d’assurer de la dignité à un déchu. François Bozizé, le président centrafricain, avait trouvé refuge en Ouganda d’où fut chassé Idi Amin Dada, mort hors d’Afrique, en Arabie Saoudite.
Qu’ils soient honnis par leurs peuples ou regrettés (ça existe !), la fin des règnes des présidents africains se présente rarement de manière ordonnée. Souvent, même les Constitutions les moins chahutées ne règlent pas les fins de règne de ceux qui les triturent ou qui s’en servent. Tout se passe comme si les présidents, redoutant des sorties de scène risquées, s’arrangeaient pour une fuite en avant et redoutaient d’avoir à affronter le bilan réel de leur action pendant les années de leur pouvoir. L’accueil des uns chez les autres conforte une idée de syndicats de personnes qui se tiennent la main, et ne s’aident pas forcément par leurs conseils avisés. Cette compréhension et cette mansuétude commencent à donner l’impression d’arrangements qui se font par-dessus la tête des peuples.
Et cela, même si les peuples des pays d’accueil ont rarement manifesté leur mécontentent de faire de l’humanitaire pour des personnalités qui n’ont pas toujours eu des égards pour les droits humains. Il n’est pas discutable qu’un homme en difficulté mérite la main tendue des frères. Et que les conditions de déchéance n’effacent pas la qualité humaine de celui qui, quelques semaines ou quelques mois auparavant, était dans la toute-puissance.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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Editorial

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