Nous nous habituons à l’idée que la performance, l’éclat et l’excellence sont surtout pour les autres. Sur les terrains de jeu, dans les listes de distinction, nous nous habituons à l’idée que notre place est chez les cancres. Qu’aucune joute d’aucun genre ne nous désignera bons ou meilleurs. D’ailleurs, l’obsession avec laquelle nous exhibons volontiers notre victoire à la Coupe d’Afrique des Nations de football, en 1972, est révélatrice de notre souci à nous agripper à cet unique trophée de renom.
Mais nous oublions largement que les victoires au sport, en musique, en économie et en bien d’autres domaines peuvent se gagner, se conserver mais, surtout, se construire. Or plus que tout, c’est dans les domaines de la projection et de l’organisation des choses à venir que nous devrions nous montrer les plus entreprenants. Les coupes d’Afrique passées sont passées, il faut se mobiliser pour celles qui viennent. Le Congolais ne vivra pas sa vie à rêver des gloires passées quand ses voisins raflent les médailles au présent de tous les jours.
C’est pourquoi ce qui s’est passé à Abidjan il y a une semaine est d’une effroyable gravité en même temps que notre insoutenable légèreté cela révèle notre impréparation de toujours face aux événements, même de ceux qui sont annoncés longtemps à l’avance. Comme cette Coupe d’Afrique de handball des Nations juniors et cadets 2026, à Abidjan. Nous avons été battus avant même le début des compétitions. Battus par forfait contre le Cameroun. Un voisin. Parce que notre équipe est arrivée en retard sur le terrain ! C’est ainsi que sont les choses : nous sommes tellement accrocs à l’impréparation qu’on ne s’étonnera pas de notre retard à arriver à la compétition.
Nous enfilons tellement les mauvais résultats que nous sommes les éternels derniers des choses. Parce que nous sommes premiers à ne pas savoir les choses.
Albert S. MIANZOUKOUTA
