L’ONG Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH) a rendu public son rapport sur les disparitions forcées dans le cadre de l’opération ‘‘Zéro Kuluna’’. Cette opération est menée depuis une année par la Direction générale de la sécurité présidentielle (DGSP) sur l’ensemble du territoire national. A l’occasion d’un point de presse animé mardi 22 septembre 2026 par le président du Conseil d’administration (CA) de l’OCDH Parfait Moukoko, au siège de cette organisation à Brazzaville, il a été déploré de nombreuses disparitions forcées au Congo.

Ce point de presse a été réhaussé de la présence de la chargée de mission Société civile à l’ambassade de France au Congo, Vitiani Romby, et des représentants d’ONG des droits de l’homme dont le coordonnateur de l’ONG Ras-le-bol, Mathieu Cleveron Loundou.

Une vue des parents des disparus

L’OCDH invite le Groupe de travail des Nations Unies sur les disparitions forcées ou involontaires à suivre avec attention la situation au Congo et à engager un dialogue avec les autorités, afin de prevenir de ‘‘nouvelles violations, garantir la vérité sur le sort des personnes disparues et lutter contre l’impunité des auteurs et responsables de ces disparitions forcées’’.

Ce rapport titré : ‘‘DGSP: où sont détenues les centaines de personnes arrêtées depuis plusieurs mois en dehors du cadre judiciaire‘’, à entendre le président du conseil d’administration de l’OCDH, procède du devoir de ‘‘témoignage, de vérité et de justice’’ sur un nouveau cycle de disparitions forcées en cours au Congo. Ce rapport alerte donc sur ces disparitions forcées dûment documentées de 561 personnes enregistrées à travers le pays. «Ce nombre est évolutif dans la mesure où d’autres cas s’ajoutent chaque jour de la part des parents et proches des victimes qui se rapprochent de l’OCDH pour témoigner et solliciter l’assistance juridique voire judiciaire», a déploré Parfait Moukoko.

La couverture du rapport

Tout en reconnaissant la légitimité et la pertinence de la lutte contre la criminalité urbaine ainsi que l’insécurité dans les villes du Congo, l’OCDH, à travers son rapport relève que toute opération sécuritaire doit impérativement être menée dans le strict respect des droits humains, des garanties judiciaires et des principes de l’Etat de droit. «C’est ainsi que l’opération ‘‘Zéro Kuluna’’ dans son modus operandi se prête à commettre d’autres crimes en prétendant lutter contre la criminalité urbaine et l’insécurité. Il s’agit alors de violations des droits humains à distinguer des crimes de droit commun que des ‘‘Kulunas’’ ou ‘‘bébés noirs’’ et qui doivent légitimement être réprimés conformément aux normes en vigueur par les institutions habilitées comme la Police, la Gendarmerie et les instances judiciaires compétentes», a rappelé le président du CA de l’OCDH.

En présence des parents des centaines de personnes disparues, le représentant de l’OCDH a énuméré quelques recommandations contenues dans ce rapport. Il s’agit, entre autres, de rendre publique la liste des personnes arrêtées; clarifier le sort des personnes arrêtées et portées disparues; ouvrir des enquêtes indépendantes et impartiales. Garantir l’accès aux lieux de détention; prévenir les actes de torture et les détentions arbitraires; protéger les mineurs arrêtés et poursuivre en justice les responsables de ces violations des droits humains, sont autant de recommandations découlant de ce rapport.

La fin de cette cérémonie de présentation du rapport a été pleine d’émotion. Certains parents des disparus se sont mis en larmes, en s’inclinant devant les images de leurs progénitures affichées dans la galerie de l’OCDH.

G.NG

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