Aujourd’hui, il est encouragé de pratiquer l’agriculture biologique ou paysanne traditionnelle qui ne nécessite pas d’utiliser de produits chimiques pour enrichir le sol, pour booster la productivité et pour récolter plusieurs milliers de tonnes à l’hectare. De nombreuses analyses ont prouvé que l’agriculture chimique provoque énormément de maladies et des changements géniques.

 Actuellement, à cause des dangers qu’elle présente, l’agriculture chimique est en train d’être délaissée dans les pays du Nord où elle a connu un essor considérable au détriment de l’agriculture biologique. A ce sujet, l’Association NIOSI a organisé jeudi 14 octobre 2026 à l’Institut français du Congo (Brazzaville), un débat sur le thème : « L’agriculture paysanne traditionnelle : une agro-bio avant la lettre ». Le conférencier a été Jean Ngoko, ingénieur agro-pastoral, ancien fonctionnaire du ministère de l’agriculture. Il a relaté les différents projets menés dans le domaine agricole au Congo et les résultats catastrophiques enregistrés. La modération a été assurée par le Pr Josué Ndamba, de l’association NIOSI.

L’exposé s’est articulé essentiellement sur l’histoire agricole autour du compost et de la contribution scientifique. Le conférencier a insisté : « L’agriculture paysanne traditionnelle est naturellement biologique. Les paysans utilisent la biomasse (un mélange de feuilles, d’herbes et de terre) pour fertiliser la plante et le sol. Dès le départ, l’humain-agriculteur est naturellement biologique, sans chimie agricole et sans pesticide contre les maladies de la plante ».

Ce n’est qu’après la Deuxième guerre mondiale (1939-1945) que l’agriculture chimique a pris de l’essor. Mais, vers 1943, certains agronomes avaient déjà annoncé que le chemin emprunté de l’agriculture chimique était voué à l’échec, parce que le bio est incontournable. Devant la chimie agricole avec des rendements élevés et de beaux produits, toute l’Europe avait été séduite, l’agriculture chimique était promue au rang des incontournables.

Au Congo dans les villages, les paysans fertilisent biologiquement leurs champs. Ils mettent en pratique le système de jachère. Les produits chimiques sont utilisés dans les centres urbains par les maraîchers pour une grande production.

Le conférencier a fait la démonstration que l’agriculture est passée par des produits chimiques pour améliorer les rendements. A ce jour, ceux qui avaient pris cette option se rendent compte que les produits chimiques sont nuisibles à la santé.  Au Congo, il a recommandé de revenir à notre agriculture traditionnelle en l’améliorant, pour s’appuyer sur l’intelligence artificielle.

Jean Ngoko a dit que l’agriculture biologique offre beaucoup d’avantages. « Notre paysan, comme vous le voyez, est bien pauvre. Est-ce qu’il fallait investir dans ces produits chimiques ? Heureusement, l’agriculture biologique est naturelle, elle demande peu de moyens, et notre paysan la fait vivre. L’agriculture chimique présente beaucoup de dangers. Même l’Europe qui l’avait embrassée depuis le milieu du 20e siècle est en train de la délaisser, parce que ses retombées au niveau de la santé humaine sont néfastes. L’agriculture chimique a été juste une parenthèse, une éclipse dans l’agri-bio.  L’agriculture moderne, sensée élever les rendements, ne sera plus là».

Dans son message aux décideurs et au public, il a insisté que : « même l’Europe qui avait adopté et pratiqué abondamment l’agriculture chimique et la subventionnait, parce qu’elle exigeait beaucoup de moyens, est en train de l’abandonner. Alors que l’agriculture paysanne traditionnelle naturelle. Ceux qui ont des vocations doivent commencer en petit et ensuite intégrer des réseaux d’appui ».

Philippe BANZ

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