Le Congo a célébré en différé le 14 octobre 2026 la Journée africaine de la médecine traditionnelle, avec pour thème cette année : « De la forêt au centre de santé : structurer le cadre légal, la gouvernance et la rigueur scientifique de la médecine traditionnelle et des aliments pour accélérer la couverture sanitaire universelle en République du Congo ». Celle-ci est célébrée chaque 31 août depuis 2003.
Pour marquer cette date, plusieurs activités ont été organisées au Mémorial Pierre Savorgnan De Brazza, à Brazzaville. La cérémonie officielle a permis de lancer des messages de soutien et d’espoir pour cette médecine traditionnelle. Des panels organisés ont favorisé le débat pour entrevoir l’avenir de cette catégorie de médecine au Congo, en mettant en exergue notamment son cadre légal. Une projection d’un documentaire consacré à la médecine traditionnelle a permis d’appréhender la place de son savoir-faire. Ces activités ont été appuyées d’une exposition-vente des produits traditionnels.
L’objectif de la Journée est de reconnaître la contribution essentielle de la médecine traditionnelle à la santé et au bien-être de plusieurs générations d’Africains. Les manifestations tenues favorisent le rayonnement de cette médecine que l’OMS considère. Car, l’Organisation mondiale de la santé reconnaît que 80 % de la population du continent dépend de la médecine traditionnelle pour répondre à ses besoins sanitaires essentiels.
Les manifestations tenues à l’occasion de cette célébration ont été sous l’égide du ministère de la Santé et de la population, avec l’Union nationale des tradipraticiens congolais (U.N.T.C), en partenariat avec la représentation de l’OMS au Congo. Ainsi, le ministère de la santé a été représenté par Henri Germain Monabéka, directeur général des soins et services de santé, l’OMS par Guy Michel Mbemba, conseiller du représentant et l’U.N.T.C par son présent Gilbert Mouanda.
La célébration de cette journée est une opportunité pour chaque pays africain de faire le bilan des avancées enregistrées, pour renforcer la contribution de cette médecine traditionnelle, notamment dans ce contexte de la marche vers la couverture sanitaire universelle. C’est pourquoi, le président de l’Union nationale des tradipraticiens congolais, Gilbert Mouanda, dans son message faisant le bilan de son action, a lancé cet appel : « ne pas laisser mourir la médecine traditionnelle congolaise, car elle fait partie de notre patrimoine thérapeutique et continue à sauver de nombreuses vies. Les résultats du développement de cette médecine traditionnelle étaient alors palpables, avec la promotion de plusieurs recettes médicinales congolaises qui ont apporté un mieux-être à nos populations ». Il a précisé que cet élan s’est estompé, la médecine traditionnelle est entrée dans la léthargie depuis près de cinq ans.
A son tour Guy Michel Mbemba, représentant l’OMS, a affirmé : « L’Afrique dispose d’une biodiversité exceptionnelle et d’un patrimoine de savoirs traditionnels transmis de génération en génération. Pour des millions de personnes, la médecine traditionnelle constitue souvent le premier recours aux soins. Elle joue un rôle important dans la prévention, le traitement de certaines affections et la promotion du bien-être ». Pour lui, « l’OMS reconnaît depuis plusieurs décennies la contribution potentielle de la médecine traditionnelle à l’amélioration de la santé des populations ».
« Cette reconnaissance s’est traduite par plusieurs résolutions de l’Assemblée mondiale de la santé invitant les Etats membres à développer des politiques nationales, des cadres réglementaires, des programmes de recherche et des mécanismes d’intégration de la médecine traditionnelle dans le système de santé. La nouvelle stratégie mondiale de l’OMS pour la médecine traditionnelle 2025-2034 réaffirme la nécessité de développer un corpus solide de données scientifiques, de renforcer les mécanismes réglementaires, d’intégrer les pratiques sûres et efficaces dans les systèmes nationaux de santé et de promouvoir la collaboration entre les différents acteurs, afin de contribuer à la couverture sanitaire universelle ».
Lançant officiellement les activités, Henri Germain Monabéka a reconnu : « La médecine traditionnelle est fondamentale pour nos populations en général et pour notre santé en particulier. La médecine traditionnelle est le premier recours des soins pour nos populations, surtout rurales ou les populations qui ont un accès limité aux services de santé et aux soins de médecine conventionnelle. Le développement du secteur de la santé a toujours été une préoccupation constante du Gouvernement de la république ».
La célébration de cette journée doit donc être perçue comme une invitation à bâtir des passerelles entre tradition et science , entre savoir ancestral et innovation, entre communautés et institutions de santé.
Philippe BANZ








