Dans le cadre du projet «Mobilisation de la société civile et des médias pour le suivi citoyen de la dette publique et évaluation des projets financés par l’emprunt», la Plateforme Dette et développement (PF2D) a organisé mercredi 23 septembre 2026 au Forum des jeunes entreprises du Congo, à Brazzaville, une réunion de sensibilisation et de formation sur le suivi citoyen de la dette publique du Congo.
Cette rencontre a été organisée à l’intention des membres de la PF2D, des organisations de la société civile et des médias. Le but poursuivi est la connaissance de la situation actuelle de la dette du Congo en vue de proposer des ébauches de solutions et pousser les décideurs à agir.
Les responsables de la PF2D ont tenu ces rencontres dans trois villes du pays. Pointe-Noire a été le point départ, suivie de Ouesso et Brazzaville qui a clôturées. L’unique et principal exposé de Fanck Roger Matoko, chargé des programmes et projets à la PF2D, a édifié les participants sur les différents aspects de la dette publique du Congo. Le conférencier s’est appesanti à faire comprendre le concept « dette publique »; la dette publique du Congo ; les mécanismes de suivi citoyen de la dette publique au Congo et le rôle des professionnels des médias et des acteurs de la société civile dans la dette publique au Congo. Les aspects mis en exergue ont permis d’éclairer les concepts fondamentaux de la dette publique à l’effet d’être capable d’expliquer les mécanismes, les avantages, les risques, les principaux enjeux de la dette publiques et les implications des citoyens, dans leur rôle de suivi citoyen.
Ces messages-clés ont fait ressortir que la dette publique est un outil de financement, mais elle doit être gérée de manière responsable. La dette congolaise est élevée et constitue un enjeu majeur de gouvernance économique. Un emprunt doit être suivi depuis sa négociation jusqu’à l’utilisation des fonds, la réalisation du projet et le remboursement. Selon le FMI, la dette publique du Congo à fin 2025 était estimée à environ 97,3 % du PIB, contre un pic de 102,9 % du PIB à fin 2023. La dette intérieure représentait environ 58,8 % du PIB en 2025, tandis que la dette extérieure était estimée à environ 38,5 % du PIB.
C’est à ce titre que le suivi citoyen de la dette publique ne constitue pas à se substituer aux institutions de contrôle de l’Etat, mais à compléter leur action par une participation active, informée et constructive des citoyens. Au Congo, les organisations de la société civile, en particulier la PF2D, et les médias disposent d’un rôle stratégique pour promouvoir la transparence, la redevabilité et l’utilisation efficace des ressources issues de l’endettement. Les citoyens peuvent contribuer à une gestion plus responsable de la dette publique et à un développement durable au bénéfice de l’ensemble de la population. Serge Alain Ntsakala, expert en développement organisationnel, un des participants a rassuré que le citoyen a le droit de suivre la dette publique. «Je dirai oui. Si, le Gouvernement va s’endetter forcément, il faut que les citoyens congolais sachent pour qu’ils suivent.
Les investissements de la dette doivent être suivis. Par exemple, le stade de Kintélé est devenu l’ombre de lui-même, c’est un gâchis, ça c’est dangereux pour un pays. Le surendettement de notre pays devient un sujet inquiétant. C’est peut-être cela l’épargne des générations futures. On est en train de créer une dette pour les générations futures. Si les générations actuelles ne se réveillent pas, nos enfants et nos arrières-enfants viendront gérer la dette, ils ne pourront pas jouir de la richesse de leur pays. Leur développement est hypothéqué».
Philippe BANZ







