En visite à Pointe-Noire, Claire Bodonyi a appelé les journalistes à la responsabilité dans le traitement de l’information. Tout en plaidant pour le dialogue et une meilleure compréhension des relations entre les deux pays.
Les relations entre le Congo et la France ne sont pas toujours un long fleuve tranquille. Entre divergences, incompréhensions et tensions passagères, cette relation historique connaît parfois des turbulences. Mais pour Claire Bodonyi, ambassadrice de France au Congo, les désaccords ne doivent pas occulter l’essentiel: les deux pays restent des amis. Un message qu’elle a tenu à faire passer aux médias, invités à faire preuve de responsabilité dans la transmission de l’information.
En séjour à Pointe-Noire, la diplomate française a animé, le jeudi 22 octobre 2026, une conférence de presse à la résidence consulaire de France. Afin de faire le point sur sa visite dans la capitale économique congolaise. L’occasion lui a également permis d’interpeller les journalistes sur leur rôle dans la compréhension des relations franco-congolaises, particulièrement lorsque celles-ci traversent des zones de turbulences.
Entourée d’Olivier Chatelet, nouveau consul général de France au Congo, et de Vincent Fleuriet, chef du service économique, Claire Bodonyi n’a pas nié l’existence de désaccords entre les deux pays. Elle a toutefois tenu à relativiser leur portée. En les inscrivant dans la dynamique naturelle d’une relation d’amitié.
«Nous sommes des amis… Comme tous les amis, nous avons parfois des disputes. Ce n’est pas grave ! Quand on est des amis, on surmonte les disputes», a-t-elle déclaré.

Au-delà de cette formule, l’ambassadrice a surtout insisté sur la nécessité d’éviter que les tensions, réelles ou supposées, ne deviennent le terreau des rumeurs et des interprétations hâtives. D’où son appel aux professionnels des médias, dont elle estime le rôle essentiel dans la transmission d’une information fiable et nuancée.
«Je voulais saisir cette occasion pour lancer un appel à la responsabilité que vous avez, vous les médias, dans la transmission de l’information», a-t-elle souligné. Avant d’inviter les journalistes à confronter les différentes positions et à ne pas confondre ce que l’on croit savoir avec la réalité des faits.
Pour Claire Bodonyi, il revient également aux représentants diplomatiques d’expliquer les raisons des éventuels différends, lorsque cela est nécessaire. Elle a ainsi réaffirmé sa disponibilité à échanger avec la presse, afin de permettre aux journalistes de recueillir les éclairages officiels et de les confronter à d’autres sources.
«Ce n’est pas nécessairement pour vous mettre mes mots dans votre bouche. Mais c’est, simplement, pour vous donner l’occasion d’entendre ce que nous pouvons dire sur tel ou tel sujet qui serait de votre intérêt», a-t-elle expliqué, encourageant une démarche journalistique fondée sur la confrontation des points de vue.
L’information, un enjeu de confiance
Cette sortie de l’ambassadrice remet au premier plan une question essentielle: comment rendre compte des relations entre deux pays lorsque l’amitié affichée n’exclut ni les divergences ni les désaccords?
Si Claire Bodonyi revendique la solidité des liens entre Paris et Brazzaville, elle reconnaît, implicitement, que cette relation peut connaître des moments de friction. Son message consiste donc à ne pas confondre différend et rupture. Tout en privilégiant le dialogue pour dépasser les incompréhensions.
Son appel à la responsabilité des journalistes rappelle, par ailleurs, les exigences fondamentales du métier: vérifier les informations, croiser les sources, distinguer les faits des commentaires et restituer les événements dans leur contexte. Autant de principes indispensables pour éviter que les rumeurs ne prennent le pas sur les faits.
Toutefois, la responsabilité journalistique ne saurait se limiter à la reprise de la communication officielle. Elle suppose aussi de questionner les déclarations, de confronter les versions et de conserver le recul nécessaire à une information indépendante. La disponibilité des responsables diplomatiques au dialogue peut, à cet égard, contribuer à enrichir le débat public.
En définitive, le message de Claire Bodonyi se veut un plaidoyer pour une relation franco-congolaise entretenue par le dialogue et mieux comprise grâce à une information rigoureuse. Reste que cette amitié, pour résister aux turbulences, doit pouvoir s’accommoder des désaccords, de leur examen public et du regard critique des médias.
Une visite particulièrement dense
Au-delà de cette rencontre avec la presse, le séjour de Claire Bodonyi à Pointe-Noire a été marqué par une série d’échanges et de visites. La diplomate a notamment rencontré la communauté française, des acteurs économiques français ainsi que des autorités congolaises, parmi lesquelles le préfet Pierre Cébert Iboko Onanga.
Son programme l’a également conduite à l’Institut français, à l’espace Campus France et au lycée français. Elle a, par ailleurs, visité les ONG françaises Renatura et IECD et le terminal pétrolier de Djeno, site stratégique de l’industrie pétrolière congolaise. Un agenda chargé qu’Olivier Chatelet a résumé en quelques mots: «C’était une visite très dense, très utile.»
Véran Carrhol YANGA








