L’Association Agir pour les Femmes Congolaises (AFC) a organisé, le 28 octobre 2026 à Case Bantou, un dialogue mixte réunissant des jeunes autour de leur rôle dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles. Les participants ont notamment appelé à renforcer l’éducation, la sensibilisation et le signalement des actes de violence.
« Quelle place pour la voix des jeunes dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles ? » C’est autour de cette question que s’est déroulée cette rencontre, organisée dans le cadre de la quatrième édition des Journées du Droit 2026, à travers le projet «Pona Yo Mwasi», avec le soutien financier de l’ambassade de France au Congo.
Au cours des échanges, les participants ont rappelé plusieurs formes de violences, notamment physiques, psychologiques, sexuelles, économiques et numériques. Ils ont particulièrement dénoncé les insultes, le harcèlement sur les réseaux sociaux, l’humiliation et l’utilisation des photos de femmes pour se moquer d’elles. Selon les jeunes, certains comportements sont banalisés dans les familles et la société, alors qu’ils portent atteinte à la dignité des victimes.
Les participants ont insisté sur la nécessité de ne pas rester silencieux face à ces situations. Ils ont appelé les témoins à soutenir les victimes, à signaler les faits aux personnes compétentes et à agir sans se mettre en danger. Ils ont également proposé de renforcer l’éducation au respect et à l’égalité dès l’enfance, ainsi que les actions de sensibilisation dans les écoles, les familles et les communautés.

Pour Jeff Souaka, Étudiant, la lutte contre ces violences nécessite l’engagement de tous, notamment des jeunes hommes. Il a appelé ses pairs à rejeter les comportements violents et à sensibiliser leur entourage. Il a également pris l’engagement de ne plus se taire lorsqu’il sera témoin de violences.
Emmanuelle Lembe, Étudiante a, de son côté, mis l’accent sur l’importance pour les jeunes de mieux connaître leurs droits afin de pouvoir les défendre et de sensibiliser les personnes autour d’eux.
La modératrice, Kaly Makaya, a souligné que la méconnaissance des droits et la peur de dénoncer contribuent au silence des victimes. Elle a rappelé l’importance de signaler les violences et de ne pas considérer comme normales des pratiques qui portent atteinte aux femmes et aux filles.
Pour Chandelle Mountoula, directrice exécutive de l’AFC, ce dialogue constitue la première activité de la campagne « Pona Yo Mwasi ». L’association prévoit de poursuivre ses actions par des sensibilisations dans les quartiers, avec l’appui de relais communautaires, ainsi que par l’organisation d’une conférence. Les recommandations formulées par les jeunes serviront à orienter les prochaines activités de l’association.
À travers cette initiative, l’AFC entend encourager les jeunes à prendre leur place dans la prévention des violences faites aux femmes et aux filles et à devenir des acteurs du changement.

Darchevie KETTE BONAZEBI

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