Si le cancer est difficilement guérissable, la prévention reste sa meilleure parade. Et la prévention passe par l’information. C’est le but de la campagne de sensibilisation et de dépistage qui s’est tenue du 16 au 17 octobre 2026 à Pointe-Noire, à l’initiative de la fondation Tabita Allégresse (FTA). Cette campagne s’inscrit dans le cadre de la campagne «Octobre Rose» consacrée à la sensibilisation sur les cancers féminins.

Elles étaient des centaines de femmes à faire le déplacement de la Maternité Madeleine Mouissou, au quartier Paka, dans l’arrondissement 6 Ngoyo de Pointe-Noire. La sensibilisation a été réhaussée de la présence de Joseph Okou, représentant la directrice départementale de la Santé de Pointe-Noire, du Dr Lydie Valerie Nzengomona, cheffe du centre de santé Mouissou Madeleine, et Lydie Léonce Boronse Ndongo, présidente-fondatrice de la fondation Tabita Allégresse.

Cette campagne dont la première a eu lieu en 1985 aux États-Unis est consacrée à la lutte contre le cancer sous toutes ses formes. Un rapport de l’OMS publié en juillet 2026 fait état de 20,6 millions de cas pour 10 millions de décès chaque année dans le monde. C’est la deuxième cause de mortalité chez les malades cardiovasculaires.

Au Congo (Brazzaville) en 2024, l’OMS indique que 3 575 nouveaux cas et 2 264 décès ont été enregistrés soit un taux de mortalité de 63,32%.

Prévenir par l’information

«Les cancers du sein et du col de l’utérus continuent de décimer nos familles, de briser des foyers et d’arracher des mères à leurs enfants. Non pas parce que la fatalité l’a décidé, mais parce que la peur, l’ignorance et le diagnostic trop tardif continuent de tuer», a regretté Lydie Léonce Boronse Ndongo, dans son mot de circonstance.

Le Professeur Nsondé s’adressant aux participants.jpg

Or, si en raison d’une situation aussi alarmante, la lutte contre le cancer doit être considérée comme une affaire de santé publique majeure, l’information, la communication et l’éducation deviennent des stratégies efficientes. C’est donc à juste titre que la FTA s’est rapprochée des services de la Professeure Judith Nsondé Malanda, pour sensibiliser les participants.

La directrice du Programme national de lutte contre le cancer (PNLC) a évoqué les facteurs et les conséquences du cancer. Elle a, par ailleurs, mis l’accent sur les méthodes préventives, tout en invitant l’auditoire à effectuer une veille permanente. «On a remarqué que plus de 75% des cas ne consultent qu’aux stades 3 et 4. A cette étape, il devient difficile et même impossible de combattre un tel cancer», a déploré la conférencière.

Elle a invité les populations à abandonner les préjugés. «Très souvent, lorsque tu remarques une petite excroissance au niveau du mamelon, tu vas voir le charlatan. C’est une très mauvaise option. Voilà pourquoi, on enregistre beaucoup de complications», a-t-elle encore déploré, en invitant les populations à se familiariser avec des pratiques de prévention, car a-t-elle rappelé, «mieux vaut prévenir que guérir».

Le personnel de Madeleine Mouissou a apprécié l’initiative. «Ensemble, nous allons lutter contre le cancer qui ne cesse de faire des victimes», a dit le Dr Lydie Valérie Nzengomona. Un appel qui a eu un écho, puisque les femmes présentes ont participé massivement au dépistage du cancer.

Pour rappel, la fondation Tabita Allegresse a été créée le 26 mars 2022 à la suite de la douloureuse expérience vécue par la mère de la présidente-fondatrice décédée des suites d’un cancer du pancréas.

John NDINGA NGOMA

 

 

 

 

 

 

 

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