La communauté rwandaise au Congo a commémoré le 32ème anniversaire du génocide de 1994 contre les Tutsi, qui avait fait plus d’un million de victimes. A Brazzaville, comme il est désormais de tradition chaque année, c’est le Mémorial Pierre Savorgnan De Brazza qui a servi de cadre à la cérémonie du souvenir, mardi 7 avril 2026. Elle a rassemblé les filles et fils du Rwanda vivant au Congo autour de leur ambassadeur Parfait Busabizwa.
C’est sous le signe de «Kwibuka 32» qui signifie souvenir que les filles et fils du Rwanda, conduits par l’ambassadeur Parfait Busabizwa, ont commémoré ce triste événement, qui a endeuillé tout un peuple en avril 1994. A cette occasion, le gouvernement congolais a été représenté par l’un de ses membres, Gilbert Mokoki, ministre du Contrôle d’Etat, de la qualité du service public et de la lutte contre les antivaleurs. L’ancien ministre Alain Akouala Atipault représentait les amis du Rwanda, comme l’avait été l’an dernier Belinda Ayessa, directrice générale du Mémorial.
La commémoration de cet événement tragique a été marquée par plusieurs temps forts, notamment: une minute de silence en mémoire des victimes du génocide ; la lecture d’un poème intitulé «Rwanda, la minute du silence» par un médecin tchadien qui a travaillé au Rwanda et d’un autre porteur de mémoire et d’espérance, Teta Kundwa Ayan, une jeune Rwandaise; l’allumage des bougies dont chaque flamme symbolise une mémoire, une vie. Geste exécuté sous des chants rwandais empreints de recueillement et d’émotion. Et aussi, la projection d’un documentaire qui a précédé les allocutions du coordonnateur résident par intérim du système des Nations unies au Congo Gon Myers et de l’ambassadeur du Rwanda au Congo. Ce film réalisé en 2024 en marge de la commémoration du 30ème anniversaire du génocide, rend le témoignage d’une rescapée, Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Il décrit la résilience qui caractérise désormais le peuple rwandais.
Louise Mushikiwabo qui a perdu plusieurs membres de sa famille, dont son frère ministre de la Fonction publique et du travail, et grand ami du nonce apostolique, y évoque les mémoires de ceux qui étaient pourtant gardés par les Nations-Unies.
Le coordonnateur résident par intérim du système des Nations-Unies au Congo s’est appesanti sur la lecture du message du Secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, qui chaque année publie un message de réconfort. «Cette tragédie demeure une blessure profonde dans la conscience de l’humanité. Ce souvenir n’est pas seulement un devoir de mémoire mais un engagement total à rejeter la haine», a dit Gon Myers.
L’ambassadeur du Rwanda a, quant à lui, déploré une tragédie qui en 100 jours, a englouti autant de vies humaines. Il a précisé le caractère de cette 32ème commémoration placée sous le thème: «Se souvenir, s’unir et pour le renouveau». Ce cadre, d’après lui, «vise à honorer la mémoire des victimes tutsies innocentes, à apporter du réconfort aux survivants et à rendre hommage à ceux qui ont mis fin au génocide et libéré le Rwanda».
Le peuple rwandais a su se relever du génocide avec dignité, courage et détermination. Sa commémoration est devenue une journée de mémoire et de recueillement.
Aristide Ghislain
NGOUMA







