En République centrafricaine, le président Faustin-Archange Touadéra a rencontré, vendredi 8 mai dernier à Bangui les professionnels des médias publics et privés à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, commémorée chaque le 3 mai. Cette rencontre, organisée sous la forme d’un déjeuner de presse, a permis d’aborder les difficultés auxquelles fait face le secteur médiatique centrafricain ainsi que plusieurs sujets liés à l’actualité politique nationale.

Les échanges ont été largement dominés par l’affaire impliquant Anicet-Georges Dologuélé, président de l’Union pour le renouveau centrafricain (URCA). L’opposant accuse les autorités de refuser de lui délivrer un passeport ordinaire et de ne pas rétablir sa nationalité centrafricaine, bien qu’il affirme ne l’avoir jamais perdue, une position soutenue par le Conseil constitutionnel.
Face à ces accusations, le chef de l’Etat centrafricain a assuré ne nourrir aucune animosité envers l’ancien Premier ministre. Selon Faustin-Archange Touadéra, Anicet-Georges Dologuélé doit simplement se conformer aux dispositions prévues par le code de la nationalité en introduisant une demande officielle de réintégration, une interprétation que conteste l’opposant.
Autre sujet évoqué lors de cette rencontre : l’absence de nouveau gouvernement, plus de quatre mois après la proclamation des résultats définitifs de l’élection présidentielle. Reconnaissant l’impatience de la population, le président Touadéra a expliqué ce retard par l’attente des résultats du second tour des élections législatives ainsi que des scrutins partiels organisés dans certaines circonscriptions.
Les préoccupations des professionnels des médias ont également occupé une place importante dans les discussions. Le président de l’Union des journalistes centrafricains (UJCA), Michael Mounzatela, a dénoncé les violences et les intimidations visant les journalistes dans l’exercice de leur profession. Il a plaidé en faveur de la construction d’une Maison de la presse afin d’offrir un cadre de travail plus adapté aux acteurs des médias.
Le responsable de l’UJCA a, par ailleurs, mis en garde contre la prolifération des « communicants », accusés de contribuer à la diffusion de fausses informations et de discours de haine sur les réseaux sociaux et dans l’espace public.
En réponse, le président Touadéra a invité les journalistes centrafricains à faire preuve de responsabilité, de rigueur professionnelle et d’éthique. Il a estimé que les médias ont un rôle essentiel à jouer dans la consolidation de la paix et le développement du pays.

Gaule D’AMBERT

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