Les actes de banditisme dénoncés dans plusieurs quartiers de Bangui suscitent une vive inquiétude parmi les habitants. Braquages à main armée, agressions à l’arme blanche et cambriolages se multiplient depuis des semaines, malgré le renforcement des patrouilles des forces de sécurité intérieure. Si une dizaine de présumés braqueurs ont été interpellés depuis le début du mois de juillet, de nombreux riverains estiment que ces opérations restent insuffisantes pour rétablir un climat de confiance.
A Yangato, dans le quatrième arrondissement, le quotidien des habitants est désormais rythmé par la peur. A mesure que la nuit tombe, les rues se désertent, les commerces baissent leurs rideaux plus tôt qu’à l’accoutumée et les déplacements deviennent limités. Les familles préfèrent rester chez elles, conscientes des risques auxquels elles s’exposent en circulant dans la pénombre. Thierry, habitant du quartier, affirme avoir profondément modifié ses habitudes. Pour lui, sortir après 20h est devenu une prise de risque.
Le sentiment d’insécurité est également partagé par Madeleine, mère de famille. Elle explique que les fréquentes coupures d’électricité aggravent la situation en plongeant les quartiers dans une obscurité totale, favorable aux actes criminels. Face à cette montée de la criminalité, les habitants tentent de s’organiser afin de protéger leurs quartiers. Des initiatives communautaires se développent progressivement pour renforcer la vigilance collective et faciliter les alertes en cas d’attaque. Thierry indique que la solidarité entre voisins constitue aujourd’hui l’un des principaux moyens de prévention.
Les populations appellent les autorités à intensifier les mesures de sécurisation. Elles souhaitent une présence policière plus visible dans les quartiers sensibles, des patrouilles nocturnes plus fréquentes ainsi qu’un meilleur éclairage public afin de réduire les zones propices aux agressions. De leur côté, les forces de sécurité intérieure assurent poursuivre leurs opérations contre le grand banditisme.
Selon leurs services, au moins dix présumés braqueurs ont été arrêtés depuis le début du mois de juillet dans les quatrième, cinquième et huitième arrondissements de Bangui. Les enquêtes se poursuivent afin d’identifier d’autres membres de ces réseaux criminels et de renforcer durablement la sécurité dans la capitale centrafricaine.
En attendant des résultats plus visibles sur le terrain, les habitants continuent de vivre avec la peur, espérant que les efforts conjugués des autorités et des communautés permettront de restaurer la tranquillité dans les quartiers les plus exposés.
Gaule D’AMBERT







