Un accord du programme national de développement des produits forestiers non ligneux (PFNL) a été signé le 4 août 2026, à Pointe-Noire, entre le Gouvernement et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Objectif affiché: faire que le secteur contribue au Produit intérieur brut (PIB).
L’accord a été signé par Mme Rosalie Matondo, ministre de l’Economie forestière, Mme Adama-Dian Barry, représentante du PNUD et Mohit Agrawal, directeur de la société Arise PICP, partenaire opérationnel pour l’exécution du programme national des produits forestiers non ligneux.
Ce programme devrait confirmer l’ancrage du Congo dans les politiques internationales en lien avec les textes et mécanismes dont les objectifs du développement durable (ODD), l’initiative pour les forêts d’Afrique centrale (CAFI) et les Accords de partenariats volontaires (APV / FLEGT), ainsi que le règlement de l’Union européenne contre la déforestation et la dégradation des forêts (RDUE).
Si depuis les indépendances, l’exploitation forestière au Congo se résume officiellement au bois, sous la canopée, il y a pourtant d’autres produits que les humains prélèvent pour des besoins de subsistance: alimentation, pharmacopée, esthétique, etc. Ce sont donc des produits autres que le bois, d’une valeur économique non négligeable, à telle enseigne que le Gouvernement avait créé le Centre de valorisation des produits forestiers non ligneux (CVPFNL) par décret n° 2013-228 du 7 juin 2013, fixant création, attributions et organisation de cette structure publique sous tutelle du ministère de l’Economie forestière.
Selon Eric Kinkonda Koubemba, directeur du CVPFNL, «ce programme, d’une durée de huit ans, aura pour zone d’intervention les départements de la Sangha, de la Cuvette, des Plateaux, du Pool, du Niari, du Kouilou et de la Cuvette-Ouest. Son coût global est de 24, 99 millions de dollars, soit plus de 14,41 milliards de francs Cfa. La contribution du Congo sera de 30 % et le reste par le PNUD».
Ce programme devrait bénéficier à 50 % de jeunes, 30 % de femmes et 20 % de personnes vulnérables. Le projet devrait générer un chiffre d’affaires de plus de 7 milliards de francs Cfa. Les produits concernés sont le miel, les huiles essentielles, le poivre noir et le champignon.
L’économie congolaise emprisonnée dans l’exploitation du pétrole (plus de 80 % du budget), les recettes fiscales issues de l’exploitation du bois ne sont que de 20 milliards de francs Cfa par année, soit une contribution d’à peine 5,6 % au PIB. L’objectif du programme est de faire que la contribution des PFNL, non documentée jusqu’ici, apporte sa part pour que le secteur forestier contribue désormais à hauteur de 12 % au PIB. Un véritable challenge !
Si le Congo mise sur une gouvernance forestière participative, le Gouvernement en appelle à une mobilisation collective pour l’exécution du programme à venir. «La réussite de ce programme repose désormais sur notre mobilisation collective. J’appelle donc chacun à prendre pleinement sa part : l’Etat, pour garantir les budgets, assurer la cohérence des politiques publiques, créer un environnement favorable à l’investissement et faciliter l’accès aux marchés; le PNUD et les partenaires techniques et financiers, pour identifier des financements susceptibles d’accompagner durablement le secteur privé», a souligné Mme Rosalie Matondo. Ce programme est une véritable aubaine pour les entrepreneurs congolais déjà engagés dans la valorisation des PNFL. «Ce programme est une opportunité pour nous. Nous allons en servir pour valoriser et vulgariser les produits de la ruche. Beaucoup de personnes ne connaissent que le miel, alors qu’il y a bien d’autres produits plus précieux que le miel. C’est le cas de la gelée royale, de la cire d’abeille, du venin d’abeille et de la propolis», a promis Habib Tchibinda, responsable de la production au sein de la coopérative agropastorale YA DIYI.
Mais, il y a des défis à relever, à l’instar des difficultés d’organisation, de transformation, de conditionnement, de certification et d’accès aux marchés. Et le PNUD est déjà en ordre de bataille pour accompagner le Congo. «Le PNUD accompagnera le Gouvernement dans cette démarche», a déclaré Mme Adama-Dian Barry. L’accompagnement du PNUD s’accomplira à travers son expertise en matière de gouvernance, d’économie verte, d’autonomisation économique des femmes, de développement de chaîne de valeurs et bien d’autres.
John Ndinga Ngoma






