MEDIAS : L’émission ‘‘Mbonda Elela’’ de Télé-Congo a 30 ans !

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Norbert Kouka

Caméraman de son état, Norbert Kouka est le promoteur de l’émission ‘’Mbonda Elela’’qui passe sur la chaîne nationale de Télé-Congo, et dont la première émission remonte au dimanche 16 mars 1996, soit 30 ans actuellement. Il nous fait état de la genèse de cette émission, de ses difficultés, mais aussi de ses projets.

*Qu’est-ce qui vous a motivé à créer l’émission ‘’Mbonda Elela’’?

**Il faut dire que je suis de Télé-Congo, je suis caméraman, donc très souvent, je me retrouvais dans le cadre de mon service à l’arrière-pays, et je voyais que les responsables étaient toujours accueillis au son du tam-tam. Malheureusement, ce son-là n’était pas présent sur Télé-Congo, si bien que j’ai eu l’idée de produire quelque chose pour faire honneur aux rythmes du tam-tam de l’arrière-pays.

*Quel est le nombre exact de groupes qui sont déjà passés à l’émission, et pourquoi l’aviez-vous intitulée ‘’Mbonda Elela’’?
**Le nom de ‘’Mbonda Elela’’ (autrement dit, que le tam-tam résonne) est venu comme ça. Je cherchais un nom puis, parmi tant d’autres, c’est celui-là qui a été finalement retenu. Pour ce qui est du nombre de groupes, je ne saurais le définir, parce qu’il y a des groupes qui m’ont rendu visite, c’est-à-dire à l’émission, d’autres je les trouvais comme ça. Dans le temps, lors de ses congrès, le Parti congolais du travail (PCT) invitait des groupes au palais des Congrès, et je me permettais de les filmer. Donc, je ne peux vraiment pas définir le nombre de groupes qui sont passés à l’émission. Mais la majorité des groupes de nos différents départements s’y sont produits.

*Trente ans après la création de l’émission, un bilan est-il possible?
**Le bilan, oui! il faut dire que je suis bien placé pour voir la décroissance de la musique du terroir, parce que tout juste avec l’arrivée de la Covid-19, il y a eu comme un frein. Et quand on a repris, il n’y a plus eu le même engouement que les années d’avant COVID. Si bien que je suis justement en train de me poser des questions sur l’avenir de ces rythmes du terroir, il n’y a pas vraiment un bel avenir, parce qu’il n’y a pas de relève. J’entends dire qu’à l’arrière-pays, que le tam-tam ne tonne plus comme avant, bon c’est un peu triste, parce que je trouve que le ministère en charge de la Culture devrait quand même faire quelque chose pour essayer de redonner vie à ces rythmes du terroir, si non l’avenir n’est pas en rose!

*Dans le travail qui est le vôtre, rencontrez-vous des difficultés?
**Oui les difficultés n’ont pas manqué parce que l’émission ‘’Mbonda Elela’’ est une émission participative, en ce sens je n’ai pas de budget, pas même de sponsor. Il y en avait certes, mais après, il est parti. Aussi, je le fais, parce que j’aime la chose. Mais dans la pratique, il faut dire qu’il y a des groupes de la partie sud du pays qui ne participent pas à l’émission, et qui attendent. Alors que je suis comme un médecin. Bref, j’éprouve des difficultés d’avoir les groupes de la partie sud du pays.

*Auriez-vous des perspectives?
**J’aurais souhaité que mon action soit associée au ministère en charge de la Culturelle, hélas ! il n’ y a pas de contacts avec eux. Et pourtant, je suis en train de faire quelque chose qui relève de leur compétence! Malheureusement, je me sens un peu seul dans ce que je suis en train d’entreprendre, or c’est quelque chose qui est très vital pour le pays, parce que quand on perd ses repères, il n’y a pas d’avenir. C’est pourquoi, je lance un appel à tout le monde, à tous les groupes folkloriques, qu’ils se rapprochent de moi pour qu’on essaie un peu de faire quelque chose pour revaloriser notre musique. Si non la musique du terroir s’en ira vers la perdition, et cela sera dommage. Pour tout contact:
(00242) 05-551-49-41.

Propos recueillis par
Alain-Patrick MASSAMBA

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