Créée à Boundji, dans l’archidiocèse d’Owando le 20 octobre 2023, par Xavier Mpougalogui, l’actuel président de la chorale père Paul Ondia de la paroisse Notre-Dame des Victoires de Ouenzé, en compagnie d’autres personnes, la Fondation Mgr Georges Firmin Singha se fixe pour objectif de pérenniser la mémoire de cette grande figure de l’Eglise catholique du Congo, appelée affectueusement «Mwené pelé», rappelée à Dieu le 18 août 1993, à Brazzaville.

A l’occasion de la commémoration du 33e anniversaire de la disparition de cet ancien évêque d’Owando et de Pointe-Noire, la paroisse Saint François Xavier de Boundji, dans l’archidiocèse d’Owando, a accueilli dans une ambiance de grande ferveur chrétienne, dans une atmosphère de synodalité ecclésiale et de communion fraternelle du 16 au 19 août 2026, près d’une centaine de pèlerins venus de Brazzaville, Pointe-Noire, ainsi que des paroisses Saint François d’Assise d’Elondji et de Tchikapika.
Dans le cadre de ces journées souvenirs, des activités ont été organisées par la Fondation, savoir, la neuvaine; le pèlerinage sur la tombe de Mgr Georges Firmin Singha; le concert de chants qui a regroupé certaines chorales de l’archidiocèse d’Owando; les témoignages sur le vénéré pasteur à l’honneur et la messe d’action de grâces.

Le lundi 17 août, une conférence centrée sur les témoignages a été animée par les abbés Norbert Otero, curé de la paroisse Saint François Xavier de Boundji et vicaire général d’Owando, Justin Singha et M. Xavier Mpougalogui. De l’avis des conférenciers, l’évêque défunt était un homme de paix qui s’est révélé conciliateur et pacificateur lors des crises sociopolitiques qu’a connues le Congo, et obéissant à sa hiérarchie ecclésiale. Lorsque Mgr Singha arrivait dans une communauté, les enfants s’exclamaient: l’homme de Dieu est là, l’homme d’Owando est là, Mgr Singha est là. C’est pour dire que Mgr Singha a su donner de l’ampleur à cette mission d’Owando dont les missionnaires spiritains ont semé la graine. Autrefois, cette mission s’étendait de la Lefini jusqu’à Betou, frontière de la République Centrafricaine. Un seul souci animait et angoissait Mgr Singha, c’est le manque de vocations sacerdotales pour les jeunes dans un diocèse aussi vaste qu’enclavé. Trois vertus majeures et cardinales ont caractérisé sa vie, savoir, l’obéissance, l’unité et la paix. Toute sa vie durant, il a été obéissant à son Dieu et à sa hiérarchie ecclésiale, surtout lorsque le Pape Jean-Paul II le nomme évêque de Pointe-Noire, le 17 octobre 1988. Lui, qui était habitué à son diocèse d’Owando enclavé et vaste, ainsi qu’à sa terre natale de Boundji, a répondu favorablement à l’appel du Saint-Père pour aller vivre d’autres réalités ailleurs. «Oui Seigneur, envoie-moi, pour faire ta volonté». La paix et l’unité étaient son credo, surtout au niveau de sa famille biologique, du clergé et de la nation congolaise. Il bannissait la haine et la division. Mgr Singha a beaucoup souffert, il était malade et admis chez les petites sœurs des pauvres, à Brazzaville. Il ne se plaignait pas quel que soit la souffrance et les angoisses.

Le concert organisé à cet effet a connu la présence des chorales père Adolphe Jean Jean de la paroisse Saint François Xavier de Boundji, Saint François d’Assise d’Elondji et de Tchicapika.
La communauté paroissiale et les pèlerins ont vibré au rythme d’une célébration eucharistique mémorable le mardi 18 août 2026, à 10h, présidée par Mgr Gélase Armel Kema, archevêque métropolitain d’Owando et animée par la chorale père Adolphe Jean Jean.
Le point d’orgue de cette célébration eucharistique a été l’homélie prononcée sous forme de témoignages par l’abbé Gérard Ngomeka, aumônier de la Fondation qui a vanté les mérites de l’évêque défunt, en s’appuyant sur le texte de Matthieu 19, 23-30: «Pierre dit à Jésus: Voici que nous avons tout quitté pour te suivre, quelle sera donc notre part. Jésus leur déclara: Amen, je vous le dis, lors du renouvellement du monde, lorsque le Fils de l’homme siégera sur son trône de gloire, vous qui m’avez suivi, vous siégerez vous aussi sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël».
Vers la fin de la célébration eucharistique, l’archevêque d’Owando a béni la tombe reconstruite de Mgr Singha, en l’église Saint François Xavier de Boundji.
Des allocutions ont été prononcées par Xavier Mpoungalogui qui a présenté les membres de son bureau, dont une religieuse qui s’occupe des finances. Aimé Singha qui a parlé au nom de la famille, a plaidé pour la pérennisation de la mémoire de l’ancien évêque d’Owando et de Pointe-Noire, à travers la construction d’un musée dans la villa Singha. Il a promis de remettre toutes les archives et objets ayant appartenu à Mgr Singha à la Fondation.
Le dernier intervenant a été Mgr Gélase Armel Kema qui a salué et remercié la Fondation pour cette initiative louable de pérenniser la mémoire de cet ancien pasteur de l’Eglise. «Jeune séminariste à l’époque, je n’avais pas de relation particulière avec l’évêque d’Owando, notre patriarche. Son amour et la simplicité qui le caractérisaient, ont fait de lui notre père et notre grand-père».
Georges Firmin Singha est né le 23 avril 1924 à Boundji (région de la Cuvette). Prêtre le 7 octobre 1956 en la basilique Sainte-Anne du Congo et son premier poste de mission fut la paroisse Sainte Radegonde de Tsambitso. Evêque, il est sacré à Rome le 6 août 1972. Il a gouverné le diocèse d’Owando, de 1972 à 1988. Président de la Conférence épiscopale du Congo (CEC), de 1977 à 1986, soit neuf ans aux côtés de l’abbé Dominique Kimbembo comme secrétaire général. De 1988 à 1993, il est évêque de Pointe-Noire. Il décède le 18 août 1993, à l’âge de 69 ans et inhumé à Boundji.
A rappeler que la Mission catholique de Boundji, créée en 1890 par Mgr Philippe Prosper Augouard, de la Congrégation du Saint-Esprit, a été dédiée à Saint François Xavier, son vénéré patron. Les pères Prat, Epinette, Adolphe Jean-Jean et les sœurs Franciscaines de Marie, savoir, Evance, Andrée, y ont travaillé. Boundji fut une véritable plateforme dans la partie septentrionale du Congo où furent accueillis les enfants venant du sud du Congo. Le clergé missionnaire implanté à Boundji avait brillamment évangélisé cette partie de la terre congolaise en langue maternelle «Mbochi». Ceci pour bien faire pénétrer l’évangile aux originaires du coin qui venaient d’Owando, Oyo, Mossaka, Abala, Ewo. Ils étaient accueillis comme des catéchumènes pour recevoir le baptême et faire le mariage religieux. Les résultats de cet apostolat sont très connus, car Boundji a eu un rayonnement sans précédent.
Pascal BIOZI KIMINOU
De retour de Boundji






