Le Cameroun est frappé par la disparition de Marcel Niat Njifenji, figure majeure de la vie politique nationale et premier président du Sénat. Son décès survenu samedi 11 avril 2026 au Centre hospitalier universitaire (CHU) de la capitale Yaoundé, marque la fin d’un long parcours au service de l’Etat. Décédé à l’âge de 92 ans, l’illustre disparu a été un acteur clé de la construction institutionnelle du Cameroun moderne.
Ingénieur de formation, Marcel Niat s’est d’abord illustré dans le secteur des télécommunications avant d’embrasser une carrière politique riche et durable. Il est né le 26 octobre 1934 à Bangangté, une ville de l’Ouest du Cameroun, en pays Bamiléké aussi souvent appelée «petit Mbouba». Ce haut commis de l’Etat fait ses études primaires et secondaires à Bangangté jusqu’à 13 ans. En 1954, il est lauréat du concours général de France et de l’Union française en histoire-géographie. Il obtient son baccalauréat en 1955. En France, il obtient une licence en Sciences physiques et mathématiques, puis un diplôme d’ingénieur. Il fait partie de la première vague d’étudiants camerounais allés étudier à l’étranger.
De retour au pays, il intègre la Fonction publique le 31 décembre 1960, avec le grade d’ingénieur des ponts et chaussées et des services techniques de l’Etat. A la création de la Compagnie nationale d’électricité (CNE) en 1965, il est nommé chef du service Etudes et travaux neufs. A ce poste de 1965 à 1972, seront réalisés sous sa conduite les premiers ouvrages de transport et de distribution de l’énergie électrique. En 2013, il entre dans l’histoire politique en devenant le tout premier président du Sénat, deuxième personnalité de l’Etat, après le président de la République Paul Biya. Malgré son âge avancé, il reste en fonction jusqu’en mars 2026, où il venait d’être remplacé par Aboubakary Abdoulaye, après treize ans à ce poste. Marcel Niat a dirigé la chambre haute du Parlement camerounais avec rigueur et discrétion.
Sa mort a suscité une vive émotion à travers le Cameroun. Nombreuses personnalités politiques, institutions et citoyens ont salué la mémoire d’un homme d’Etat engagé et loyal. Son départ marque la fin d’une époque, celle des pionniers du Sénat.
Ramelyne MABELE
(Stagiaire)







