Le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a ouvert la voie à un dialogue national inclusif. L’annonce a été faite vendredi 17 juillet 2026, à l’issue d’une rencontre avec les leaders des confessions religieuses. Une décision réclamée depuis plus d’un an par l’Eglise, une partie de l’opposition et des organisations de la société civile. Le dialogue doit désormais entrer dans sa phase préparatoire. Alors que le pays reste confronté à la guerre dans l’Est et à une profonde crise politique.
Le président congolais devra convoquer le dialogue par ordonnance, désigner les facilitateurs, fixer leur mandat, ainsi que le calendrier et le cadre des travaux. Pour le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, l’annonce du président Félix Tshisekedi, de tenir un dialogue national, constitue un changement de cap qui impose un effort à tous les acteurs politiques. «C’est à nous tous, ceux qui sont au pouvoir, tout comme ceux qui sont dans l’opposition, de nous inscrire dans cette dynamique pour que cette initiative puisse aller de l’avant, porter de fruits, pour que tous les fils et filles du Congo puissent vivre enfin en paix, dès lors que les motifs d’agression de notre pays seront aussi enlevés», a déclaré le cardinal.
Sur l’épithète «inclusif», Patrick Muyaya Katembwe, porte-parole du gouvernement qui a assisté à la réunion, apporte une précision. «Il faudrait que les Congolais qui viendront dans ces discussions n’aient pas d’ambiguïté. Il faudrait qu’ils démontrent, de par leurs déclarations pour certains, qu’ils coupent le lien avec celui qui est le bourreau, le Rwanda, qui est coupable de tous ces crimes qui sont commis dans l’Est de la République, depuis 30 ans», a précisé le ministre, assurant que «l’objectif, c’est de construire un front intérieur».
Ce revirement intervient après des semaines d’intenses consultations diplomatiques, menées par les présidents burundais Evariste Ndayishimiye, congolais Denis Sassou-Nguesso et angolais Joao Lourenço. Le dialogue national aura pour objectif de consolider la cohésion nationale, en réduisant les fractures politiques internes, sans remettre en cause les processus de paix de Washington et de Doha. L’opposition, de son côté, demande depuis plusieurs mois des mesures de décrispation: la libération des prisonniers politiques, mais surtout l’abandon du projet de changement constitutionnel. Par ailleurs, l’opposition maintenait toujours sa marche annoncée pour le 22 juillet.
Dissuadé par l’Eglise catholique et l’Eglise évangélique contre le projet de changement constitutionnel, le pouvoir en place est accusé de chercher un troisième mandat pour Félix Tshisekedi, dont le second mandat expire en 2028.
Alain-Patrick MASSAMBA






