Les établissements privés d’enseignement général au Congo sont pour la plupart non conformes. A l’occasion de la 5e session ordinaire de la Commission d’agrément et de contrôle tenue du 22 au 23 juillet 2026 au lycée de la Révolution, à Brazzaville, seulement 174 écoles ont obtenu leur agrément définitif. Cette session a été ouverte par le ministre de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’alphabétisation, Jean-Luc Mouthou. Au total, 1192 dossiers d’établissements ont été examinés par l’autorité compétente.
Le tableau de bord de l’enseignement général privé met en exergue les résultats de la dernière Commission d’agrément et de contrôle des établissements de ce secteur. Sur une liste de 409 établissements ayant sollicité l’agrément définitif, seuls 174 l’ont obtenu; 213 sur 783 écoles ont reçu leur agrément provisoire pour tous les cycles fonctionnels. Les autres établissements, ajournés, sont appelés à remplir les conditions requises, en attendant la prochaine session.

Pour la représentante du ministre de l’Enseignement général, Régine Tchicaya Oboa, clôturant cette session, les commissaires ont fait preuve de «rigueur, d’impartialité, d’objectivité et de neutralité» dans le traitement des rapports soumis à leur examen. Elle a, par ailleurs, souligné l’engagement du Gouvernement d’assainir ce secteur, afin de mettre fin aux pratiques qui ternissent la qualité de l’éducation. «L’agrément de l’Etat n’est ni un droit automatique, ni une simple formalité administrative, il est une reconnaissance accordée aux établissements qui respectent les normes pédagogiques, administratives, sanitaires et sécuritaires définies par la République», a-t-elle précisé.
La tenue régulière des sessions d’agrément permet de mettre un terme à l’anarchie qui règne dans le système éducatif national, a souligné le directeur de l’agrément et du contrôle des établissements privés d’enseignement général Christian Ngouari Mabiala. A partir de 2028, la présentation de l’agrément provisoire ou définitif deviendra indispensable. «Seuls les établissements agréés auront le privilège de continuer à fonctionner», a-t-il annoncé.
Le secteur privé absorbe une part importante des apprenants, surtout avec l’agrandissement des villes congolaises. Selon les données du Programme d’analyse des systèmes éducatifs de la CONFEMEN (P.A.S.E.C.) 2022, 41% des élèves fréquentent le secteur privé contre 59% au public. Ce qui explique sa place importante dans la sphère de l’école congolaise. Seulement, sa contribution à l’éducation nationale exige un strict respect des lois en vigueur. Mais certains promoteurs des écoles les contournent. D’où l’intérêt de la commission d’agrément, un cadre qui garantit l’expansion contrôlée du secteur privé de l’enseignement et promeut la culture de l’excellence. L’agrément représente pour les parents, une garantie de confiance; pour les élèves, une assurance de qualité; et pour le pays, un instrument de régulation indispensable.
Germaine NGALA







