Créée le 20 juin 1961, au lendemain de l’indépendance du Congo, l’Agence congolaise d’information (ACI) a célébré, en différé, son 65ᵉ anniversaire au cours d’une cérémonie organisée jeudi 30 juillet 2026, à son siège à Brazzaville.

Placée sur le thème: «L’ACI à l’ère du numérique : défis et perspectives», cette commémoration a réuni plusieurs ambassadeurs en poste au Congo, des représentants des agences du Système des Nations Unies, les cadres du ministère de la Communication, des responsables des organes de presse publics et privés, ainsi que les anciens et actuels agents de l’ACI.
Représentant le ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du Gouvernement, Thierry Lézin Moungalla, son directeur de cabinet, Jean Christ Obambi, a donné lecture de son discours. Il a rappelé que cet anniversaire constitue bien plus qu’une célébration symbolique. «65 années d’existence représentent une longue page de l’histoire de notre pays», a-t-il déclaré, saluant une institution qui, depuis sa création a accompagné les grandes mutations politiques, économiques, sociales, culturelles et diplomatiques du Congo, contribuant ainsi à préserver la mémoire nationale.

Jean-Christ Aubamby a insisté sur les défis actuels auxquels fait face l’ACI, notamment la transition numérique et la lutte contre la désinformation. Il a assuré que le Gouvernement entend poursuivre les réformes destinées à moderniser l’ACI, notamment par la rénovation de son siège, le renforcement des infrastructures techniques, la sécurisation des systèmes informatiques, l’adaptation du cadre juridique des médias publics et la formation continue des journalistes aux nouveaux outils numériques, et à l’usage responsable de l’intelligence artificielle.
La directrice générale de l’ACI, Olga Rachelle Mangouandza a, pour sa part, rendu hommage aux générations de professionnels qui ont façonné l’histoire de cette agence d’État. Elle a souligné que, malgré les nombreuses mutations technologiques et les difficultés rencontrées, l’ACI est demeurée fidèle à sa mission de produire une information objective et crédible. Elle a plaidé pour une transformation profonde de l’institution, afin qu’elle intègre pleinement les exigences du journalisme multimédia, à travers la production de contenus en texte, vidéo, audio, infographie et podcast. Elle a également appelé les agents à cultiver l’excellence professionnelle, l’éthique et la maîtrise des outils numériques, afin d’accélérer la modernisation de l’agence.
Le volet scientifique de cette célébration a été marqué par plusieurs communications. Le Pr Bienvenu Boudimbou a développé le thème: «L’ACI à l’ère du numérique: monétisation des contenus digitaux, viabilité, migration vers le multimédia et concurrence face aux médias en ligne». Il a rappelé que l’ACI, longtemps principal fournisseur d’informations aux médias nationaux, évolue désormais dans un environnement où chaque internaute peut produire et diffuser des contenus. Selon lui, l’avenir de l’agence passe par une stratégie de présence numérique renforcée, une meilleure valorisation économique de ses contenus et une diversification de son offre multimédia, tout en consolidant ses dispositifs de vérification des faits.

L’autre intervenant, le docteur Antonin Idriss Bossoto a exposé sur: «IA, éthique et lutte contre la désinformation: rôle certificateur de l’agence d’État». Il a expliqué que l’essor des outils d’intelligence artificielle améliore certes la productivité des rédactions, mais favorise également la prolifération des contenus manipulés et des ‘’deepfakes’’. Face à cette ‘’infodémie’’, il a estimé que l’ACI devrait s’imposer comme un véritable tiers de confiance, garantissant la vérification, la crédibilité et l’objectivité de l’information officielle.
Moment chargé d’émotion, le témoignage de l’ancien directeur général Bernard Matélé a permis de retracer l’évolution technologique de l’agence, depuis les bulletins ronéotypés réalisés à la machine à écrire jusqu’à l’informatisation, puis l’avènement d’Internet et du numérique. Il a rappelé les efforts consentis pour implanter des stations régionales dans tout le pays, former plusieurs générations de journalistes et moderniser progressivement les outils de production de l’information.
Gaule D’AMBERT






