Un atelier de validation des outils de plaidoyer en matière d’engagement citoyen des ONG de la société civile s’est tenu le mardi 26 mai 2026 à Brazzaville. Organisé par l’association ‘’Tournons la page’’ pour l’alternance démocratique en Afrique que coordonne Christian Mounzéo, cet atelier a regroupé une quinzaine de participants représentant différentes ONG. Il avait pour objectif de faire le point sur l’élection présidentielle de mars 2026.
Cette rencontre a permis d’adopter le rapport synthèse composé en quatre parties: l’espace civique 2025-2026; l’analyse du cadre juridique aux atteintes des libertés d’association, d’expression et de réunion, ainsi que des recommandations. Elle a été l’occasion d’élaborer une loi de protection aux atteintes des libertés d’association, d’expression et de réunion dont sont victimes les acteurs de la société civile et des partis politiques au Congo. A cela s’est ajoutée, l’élaboration de la loi sur le refus des autorités de délivrer des récépissés aux associations et de procéder à leur retrait chez celles qui en possèdent déjà, etc. Après d’échanges interactifs, les participants ont adopté ledit rapport.
A propos de la présentation du cadre juridique relatif à la protection des libertés fondamentales, au niveau national, régional et international, ‘’Tournons la page’’ relève que plusieurs textes ont été recensés, notamment la Constitution du 25 octobre 2015; la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples de 1981; la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance de 2007; la Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948 et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques du 16 décembre 1966. Tous condamnent la violation de Droits de l’homme. Dans les faits, les libertés ne sont pas respectées en République du Congo. Le constat général montre que de nombreuses lois au niveau national sont en contradiction avec la Constitution du 25 octobre 2015 et les traités ou pactes internationaux signés et ratifiés régulièrement par la République du Congo.
A propos de l’élection présidentielle de mars 2026, les participants ont fait une analyse approfondie de ce scrutin. Prélude à cette élection, la situation sécuritaire a été marquée par l’opération «zéro kuluna ou bébés noirs» pour lutter contre le banditisme urbain menée par la direction générale de la Sécurité présidentielle (DGSP). Des maisons, ‘’sous prétexte d’abriter des bandits’’ et des motos sans plaques d’immatriculation ont été détruites. Cette opération saluée par les populations à son lancement a, tout de même, installé un grand émoi, un climat de peur et de psychose dans un Etat de droit. Pendant l’élection présidentielle, les libertés publiques ont été restreintes, marquées par l’interdiction de manifester, arrestation d’opposants et un black-out numérique le jour du scrutin. Enfin, la proclamation des résultats, Denis Sassou Nguesso réélu pour un cinquième mandat consécutif, à l’issue d’un processus électoral qualifié de ‘’verrouillé’’ par plusieurs observateurs. Le Gouvernement a imposé une coupure totale des communications impliquant un non-accès à l’Internet.
Pour les législatives et les sénatoriales de 2027, les participants ont formulé des recommandations au Gouvernement, au Parlement, à la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), aux acteurs des associations de la société civile, à la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, aux partenaires au développement et aux médias.
Pascal BIOZI KIMINOU,
tiré de l’ONG ‘’Tournons la page’’







