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Président de la Fédération congolaise de basket-ball (FECOKET), Fabrice Makaya Matève a accepté de revenir sur le tournoi U18 de la zone 4 (à Malabo). Il dresse un bilan positif de la campagne de l’équipe congolaise, même si elle n’a terminé qu’à la troisième place, synonyme de non-qualification pour la phase finale de l’Afro-basket 2026 pour les moins de 18 ans à Abidjan. Pour lui, la performance sportive se construit dans la capacité des institutions à transformer un résultat prometteur en projet durable.

*Le Congo a participé au tournoi U18 de Malabo. Avec le recul, décririez-vous cette expérience comme une réussite sportive ou un rendez-vous manqué?
**Sportivement, il y avait du potentiel et un investissement humain. Les statistiques parlent d’elles-mêmes : une moyenne de paniers impressionnante, une fin de tournoi sur le podium avec une magnifique médaille de bronze. Mais des problèmes administratifs ont empêché le projet d’aller au bout de ses ambitions.

*Peut-on parler de montée en puissance d’une nouvelle génération de talents?
** Notre équipe a été la seule à faire tomber le Tchad, futur vainqueur du tournoi zonal. Oui, Malabo marque indéniablement l’émergence d’une nouvelle génération de talents, porteuse d’espoir pour le basket-ball national. Cependant, il nous faut maintenir les efforts engagés en matière de formation et de détection de talents.

*Des interrogations ont circulé sur l’effectif de cette équipe. Que s’est-il passé réellement et quelle leçon la FECOKET tire-t-elle de cette situation qui a handicapé le groupe?
** L’équipe a dû jouer les matchs avec un effectif réduit à seulement huit athlètes, à cause des défaillances logistiques et médicales. Le cumul des erreurs administratives sur les documents officiels et l’invisibilité médicale de 4 joueurs ont eu des répercussions immédiates et structurelles. Nous tirons de ces incidents administratifs des leçons axées sur la rigueur et la modernisation, devant se traduire par une profonde mise à niveau institutionnelle.

*Ce type d’épisode peut fragiliser la crédibilité de la fédération. Partagez-vous cette inquiétude?
**Non, parce que même si un projet sportif se construit aussi sur la crédibilité, dans le cas présent, nous avons toujours la confiance des instances continentales.

*En tant qu’ancien technicien, quels ont été les points forts et les points faibles de l’équipe?
** Elle a eu une force mentale exceptionnelle et a fait preuve de solidarité, de cohésion. Les joueurs ont fait preuve d’une résilience et d’un courage remarquable tout au long du tournoi. Autre force : la capacité de réaction, le leadership individuel des cadres comme Paul Bonanga et Jérémie Emmanuel qui ont su porter le collectif dans les moments critiques. Côté faiblesses : le déficit de préparation, le manque d’expérience, la fatigue physique…

*La fédération et l’encadrement sont attendus pour la suite. Quelles actions concrètes envisagez-vous?
** Nous percevons la troisième place obtenue à Malabo comme une étape supplémentaire dans la construction d’une véritable culture de la victoire. Pour transformer les récents acquis en succès durables, la priorité est de bâtir un écosystème professionnel pérenne. Cela passe par un suivi individualisé des athlètes, l’intensification des stages de préparation, la promotion locale, la formation des cadres techniques, la réhabilitation des infrastructures et la recherche de financements.

*Un dernier mot?
** Notre place sur le podium, à Malabo, confirme l’immense talent de la jeunesse congolaise, mais elle exige de la Fédération la mise en place d’un plan de suivi rigoureux pour pérenniser ces résultats.

Propos recueillis par
G.-S. MAHOUNGOU

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