L’année pastorale 2025-2026 dans l’archidiocèse de Brazzaville, qui avait pour thème: «Enracinés dans le Christ, bâtisseurs d’espérance: Evaluation et perspectives pour la consolidation de notre identité ecclésiale», a été clôturée le dimanche 19 juillet 2026, 16e dimanche ordinaire de l’année liturgique A. C’était au cours de la célébration eucharistique qui a eu pour cadre la Place mariale de la Cathédrale Sacré-Cœur et présidée par Mgr Philippe Médard Guiougou, évêque de Basse-Terre et Pointe- à-Pitre, en Guadeloupe, hôte de marque de l’archidiocèse de Brazzaville.
Cette célébration eucharistique a été marquée par l’admission au presbytérat de dix ministres de Dieu. Celle-ci était précédée de la session pastorale de clôture, tenue du 14 au 17 juillet 2026, à l’hôtel Saint François de Paule de l’ACERAC (Association des Conférences épiscopales de la région de l’Afrique centrale). Placée sous les auspices de Mgr Bienvenu Manamika Bafouakouahou, archevêque métropolitain de Brazzaville.
Une session du renouveau
L’objectif de la session était d’évaluer les activités menées dans chaque structure et entité diocésaine, afin que les responsables et la chrétienté mesurent la portée sur l’appropriation des orientations de l’année pastorale écoulée, en vue d’évoquer les réussites et les défis à relever. Il s’est agi de consolider les acquis d’une nouvelle manière d’être en Eglise; renforcer la communion fraternelle et la collaboration entre tous les ouvriers apostoliques (consacrés et laïcs); célébrer l’unité et la mission de l’Eglise locale; discerner les orientations pastorales pour l’année pastorale à venir, en lien avec le Directoire diocésain, ainsi que les priorités de l’Eglise catholique universelle.

Des communications diverses des différentes commissions diocésaines ont été au menu de cette session. L’on a suivi «Evangélisation et catéchèse»; «pastorale d’ensemble et coordination des mouvements»; «liturgie et formation permanente»; «vie consacrée»; «vocations et séminaires»; «musique sacrée»; «pastorale de la famille»; «Education catholique»; «pastorale des jeunes et des enfants»; «pastorale spéciale»; «Evangile et santé»; «Environnement, développement durable, tourisme et pèlerinages»; «catéchèse»; «moyens de communication sociale»; «commission diocésaine d’appui à l’organisation»; «commission diocésaine préparatoire des activités du jubilé des 50 ans du don de la vie du Cardinal Emile Biayenda»; «Œuvres pontificales missionnaires»; «Caritas» et «Service de l’Exorcisme».
A tour de rôle, les responsables des commissions diocésaines se sont relayés pour présenter leur bilan. Il ressort la nécessité de faire recours et d’appliquer, sans conditions, le directoire diocésain qui demeure la boussole de l’Eglise locale de Brazzaville.
Outre le thème central, d’autres sous-thèmes ont meublé ces assises, savoir: «Enracinés dans le Christ, bâtisseurs d’espérance: la communion dans la mission»; «Sensibilisation sur les enjeux majeurs de la protection de l’environnement»; «Ntsintsanis diocésains: Forces, faiblesses, opportunités, menaces»; «Opération de planting des vétivers au Mont Cardinal Emile Biayenda»; «Achat et régularisation de la situation des terrains, contrats et autres contentieux dans l’archidiocèse de Brazzaville»; «Espérance au sein des mouvements d’apostolat: Perspectives pour un meilleur enracinement chrétien». Il y a eu aussi le bilan du bureau exécutif diocésain de l’apostolat des laïcs (BEDAL), ainsi que les rapports des curés doyens qui ont fait l’état des lieux. Selon les responsables desdites commissions, des difficultés ont été rencontrées, notamment dans les zones rurales et le manque des moyens pour mener à bien la pastorale de proximité.
Aussi, les participants ont suivi le projet des statuts des aumôniers diocésains de même que les dispositions générales sur le fonctionnement des mouvements d’apostolat, portant actualisation des statuts uniques dans l’archidiocèse de Brazzaville fait par les abbés Vincent Massengo, vicaire général, et Prisque Nsimouessa, coordonnateur de la commission préparatoire du jubilé des 50 ans du don de la vie du Cardinal Emile Biayenda.
«L’application rigoureuse du directoire diocésain et des statuts des mouvements d’apostolat s’avère indispensable. Les statuts sont uniques pour tous les mouvements d’apostolat. Ces réformes sont l’émanation de la Conférence épiscopale du Congo, par le biais de la Commission épiscopale pour l’apostolat des laïcs du Congo qui veut que tout soit identique dans l’Eglise Famille de Dieu qui est au Congo. Dans ces statuts, le président n’a pas compétence ou le droit de décider seul. C’est le bureau qui décide (Cf. article 6 des statuts). La gestion de la caisse ne doit pas être l’affaire ou l’apanage de deux ou trois personnes. Aucun membre n’a le droit de sortir de l’argent sans l’accord des autres membres du bureau. Tout doit se faire en conformité et dans un esprit collégial au sein du bureau. Ces mesures doivent s’appliquer à tout le monde, afin d’harmoniser la pastorale des mouvements d’apostolat, surtout les finances qui sont parfois source de conflits. Les mouvements d’apostolat ne sont pas des paroisses et n’ont pas le droit de s’acheter des instruments ou d’acheter les chasubles pour les aumôniers diocésains qui ne sont que des directeurs spirituels. De même, les Congrégations religieuses ne sont pas non plus des diocèses. Elles sont sous l’autorité de l’évêque, Ordinaire du lieu.
En ce qui concerne les promesses d’engagement des membres, celles-ci devront se faire désormais dans les paroisses. Quant aux écoles catholiques qui n’obéissent pas aux prescriptions légales de la CEEDUC (Commission épiscopale de l’éducation catholique) et aux orientations de l’archidiocèse de Brazzaville, elles doivent se mettre en ordre de discipline. Nous devons fédérer et valoriser nos énergies pour le bien-être de notre Eglise locale», ont-ils fait savoir.
A cela s’ajoute l’organisation et l’harmonisation des veillées funèbres qui devront désormais se faire en doyenné ou en secteur d’activité, selon le projet de décret y relatif ainsi que les cotisations y afférentes.
L’abbé Aymar Gildas Malela-Ngoma, économe diocésain, a étalé le rapport financier des Ntsintsani diocésains avec les montants collectés dans chaque paroisse, ainsi que les périodes, à commencer par l’année 2022 jusqu’à 2026.
Un partenariat avec les voisins
Les participants ont aussi suivi, une communication de Mgr Philippe Médard Guiougou qui a présenté son diocèse de Basse-Terre et Pointe-à-Pitre en Guadeloupe. La Guadeloupe est un département français avec une population de 380.400 habitants, sur une superficie de 1.702 km2.
Le diocèse compte 35 mouvements d’apostolat, 44 paroisses reparties en dix doyennés avec 75 prêtres (dont dix-huit fidéi donum, trente-un incardinés) et vingt-six originaires de la Guadeloupe. Parmi les prêtres, figurent neuf Congolais qui exercent leur ministère pastoral dans ce diocèse, (soit quatre pour Brazzaville, trois de Pointe-Noire, un d’Owando et un de Kinkala).
Philippe Médard Guiougou a été ordonné prêtre le 27 juin 2002, à Saint Denis, puis nommé et ordonné évêque le 3 avril 2023. Son sacre a eu lieu le 9 juillet de la même année. Il est le 3e évêque de ce diocèse depuis son érection. Il a occupé les fonctions de vicaire général de Saint Denis en 2019.
A travers cette visite de Mgr Philippe Médard Guiougou à Brazzaville, un partenariat missionnaire est en voie d’être signé entre les deux diocèses.
En marge de la session, le représentant de l’OMS Congo, Vincent Dossou Sodjinou, a sensibilisé les participants au respect des mesures préventives de la maladie à virus Ebola qui n’est pas encore détectée au Congo.
A ce jour, plus de 1830 cas détectés pour 648 décès dans les zones à risque. C’est une maladie grave causée par un virus appelé Ebola dont les principaux symptômes sont la fièvre, les vomissements, les douleurs abdominales. Le virus Ebola se transmet à travers un contact direct avec le singe ou la chauve-souris ou par la manipulation d’un animal malade. Sa propagation peut être évitée.
Un appel à la solidarité et
à la prise de conscience
Clôturant les travaux, Mgr Bienvenu Manamika Bafouakouahou a relevé les manquements qui favorisent la léthargie dans l’application du Directoire diocésain, à commencer par la négligence des prêtres assortie du manque de disponibilité et de sensibilisation dans les doyennés. Ensuite, il a dégagé les faiblesses, les menaces, les opportunités et les forces qui ont engendré l’action pastorale de l’Eglise locale au cours de l’année écoulée. Des axes prioritaires, des projets majeurs et des attentes ont été dévoilés, afin de susciter l’engagement personnel et collectif pour les défis à venir. Avant de donner de grandes orientations pour l’année pastorale 2026-2027, avec un nouveau thème intitulé: «Affermis dans notre identité ecclésiale, témoins d’espérance et donateurs de vie sur les pas du Bon Cardinal Emile Biayenda».
«Je peux porter tes fardeaux et les rendre moins lourds et nous aider à avancer au large. Soyons des disciples pour être à la suite de Jésus. Être disciple du Christ, c’est participer à sa mission», a dit l’archevêque.
Enfin, la stratégie de financement du projet de construction du sanctuaire au Mont Cardinal Emile Biayenda, qui sera un centre de pèlerinage, de mémoire et de pastoral a été dévoilée. Pour cela, une campagne annuelle de collecte de fonds sera lancée.
Pascal BIOZI KIMINOU







