Avec une source tarie et deux rivières éloignées, Kola meurt de soif en cette fin de saison sèche et début de saison des pluies. Les habitants de ce village du district de Banda, dans le département du Niari, sollicitent l’incorporation d’un forage dans le cahier des charges particulier relatif à l’exploitation forestière du bois dans leur localité.

Hommes, femmes, jeunes: c’est une bonne partie des quelque 250 habitants de Kola qui était mobilisée le 29 septembre 2026 derrière leur chef de village, Laurent Makoundi, pour une opération «Retroussons les manches» consistant à creuser à travers la roche, afin de faire remonter l’eau des profondeurs de la source Massanga qui, comme à chaque saison sèche, tarit.   «Nous avons trois sources d’approvisionnement en eau: rivière Ngokosso, à 6 km; rivière Loubomo (dans le village Ngoungui, district de Kakamoeka), à 5 km et la source Massanga, à 700 mètres du village. C’est un véritable calvaire pour nous», déplore Cécile Bouanga, habitante du village.

Un échantillon des habitants de Kola en train de creuser.jpg

Ce jour-là, une délégation de la Rencontre pour la paix et les droits de l’homme (RPDH) venait de poser ses valises dans le village. Objectif:  «sensibiliser les populations de la localité sur les nouveaux instruments de gouvernance forestière, notamment la loi 33-2020 du 8 juillet portant code forestier en République du Congo et d’évaluer l’impact de l’exploitation forestière à Kola», a dit Fabrice Sévérin Kimpoutou, chargé de recherche au sein de l’ONG et chef de la délégation.

Ce village est, en effet, riverain de l’Unité forestière d’exploitation (UFE) Kola, attribuée en 2016 à la société chinoise Taman Industries, ainsi que le notifie l’Arrêté du 8 novembre 2016.

Et si l’entreprise a déjà répondu à quelques obligations conventionnelles dont l’entretien des tronçons routiers «Pont du Niari-Mbiribi» et «Kayes-Banda-Ngonzo-Mbota-Mbiribi» ainsi que l’approvisionnement en produits pharmaceutiques du centre de santé intégré (CSI) de Tsembo, Kola n’a pas encore tiré son épingle du jeu. «Nous n’avons rien gagné de l’exploitation forestière dans notre village», a déclaré le chef du village. Aussi a-t-il ajouté: «Nous n’avons pas été consultés lors de l’élaboration du cahier des charges particulier».

Les besoins de la communauté

Pourtant, «l‘élaboration implique l’administration forestière, l’exploitant, les communautés locales et autochtones, ainsi que la société civile. Des procès-verbaux garantissent la traçabilité des pourparlers», indique l’article 136 du code forestier.

Dans leurs doléances, les participants à l’échange communautaire avec la RPDH ont souhaité que le contenu du cahier des charges soit non seulement reconsidéré, mais soit désormais élaboré de commun accord avec tous les villages situés ou impactés par l’exploitation forestière.

Et pour Kola, la priorité sera la construction d’un forage d’eau. «Il faut que Taman Industries nous construise un forage d’eau. C’est fastidieux de remonter une pente raide de 60 m avec une charge de 25 litres. Ce qui explique que beaucoup de femmes de Kola ont désormais des déformations au niveau de la colonne vertébrale, s’est plainte, lors de l’échange, Blandine Niangui, une habitante de Kola. Les recommandations de l’OMS exigent une distance de 500 m seulement entre le domicile et le point d’eau.

Cet échange s’inscrit dans le cadre de la deuxième phase du Projet «Renforcer la redevabilité et l’inclusion grâce à une meilleure implication et participation des communautés locales et populations autochtones (CLPA) du Kouilou dans la gouvernance forestière et climatique)».

John NDINGA NGOMA

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