«Regard sur l’insuffisance cardiaque au Congo. Etat des lieux et perspectives», c’est sous ce thème que la Société de cardiologie du Congo (SOCARCO), sous la houlette de son président le Pr Meo-Stéphane Ikama, a organisé du 24 au 26 septembre 2026 à Brazzaville, les Premières journées nationales de la Société de cardiologie du Congo. Ces journées s’inscrivaient dans le sillage des activités de la Journée mondiale du cœur, célébrée le 29 septembre de chaque année.

Dans ce cadre, la SOCARCO a également organisé une sensibilisation du grand public sur l’importance de la prévention cardio-vasculaire, appuyée par l’adoption des comportements telle la pratique régulière de l’activité physique.

Les maladies non transmissibles représentent à ce jour un immense fardeau à l’échelle planétaire et constituent l’un des défis majeurs pour le développement. Pour ces maladies transmissibles, et en particulier les maladies cardio-vasculaires, de nombreux facteurs ont été identifiés, expliquant leurs origines souvent multifactorielles. Entre autres des habitudes de vie et des facteurs de risques cardiovasculaires classiques, notamment le comportement sédentaire; la qualité ou la quantité du sommeil; des habitudes alimentaires, telle la consommation d’aliments trop gras ou trop salés; l’obésité et la consommation excessive d’alcool favorisant ainsi l’hypertension artérielle et le diabète sucré. Mais au côté de ces facteurs, il y a également des facteurs socio-économiques tels le stress, le faible statut socio-économique, la privation sociale, l’accès limité aux soins de santé, ainsi que les facteurs environnementaux: la pollution de l’air, mais aussi les facteurs génétiques qui sont les plus souvent représentés chez les sujets de race noire.

En Afrique en général, et au Congo en particulier, la prévention des maladies non transmissibles dans les groupes à risque est devenue plus qu’une nécessité, a signifié le président de la SOCARCO, le Pr Ikama. «Mais, celle-ci est confrontée à beaucoup de difficultés dans la pratique. La lutte contre cette affection ne peut être envisagée que si les pouvoirs publics mettent en place une politique de sensibilisation des populations et de tous les acteurs de la santé, en plus de l’amélioration des conditions de vie des populations et de l’accessibilité aux soins par la mise en place effective de l’assurance maladie universelle», a plaidé le président de la SOCARCO à l’ouverture de cette rencontre.

Le bureau de l’OMS par la voix de son délégué, le Dr Guy Michel Mbemba, a rappelé que le thème de ces journées s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la feuille de route ‘‘2023-2030’’ du Plan d’actions mondial de lutte contre les maladies non transmissibles.

Le Dr Mbemba a rappelé que les maladies cardio-vasculaires sont la première cause de mortalité et représentent 35% des décès dans le monde, indiquant que malgré les progrès enregistrés, d’importants défis subsistent dans la lutte contre les maladies cardio-vasculaires. Parmi les priorités, figure la mise en place d’un ‘‘Programme national de lutte contre l’insuffisance cardiaque et des accidents vasculaires cérébraux (AVC)’’. Il a réitéré l’accompagnement de l’OMS au Congo dans la prise en charge des maladies cardiovasculaires.

Représentant le Gouvernement à l’ouverture de ces journées, le directeur de cabinet du ministre de la Santé, le Pr Donatien Moukassa, a martelé que face aux maladies cardiovasculaires, «nous devons agir, nous devons prévenir les facteurs de risque, nous devons dépister l’hypertension artérielle et le diabète pour promouvoir une alimentation équilibrée et une activité physique renforcée», a dit le Pr Moukassa. Pour lui, il s’agit de construire un véritable continuum de soins reposant sur la prévention, le dépistage, le diagnostic précoce, le traitement et le suivi des malades.

Au cours de ces journées, le corpus médical composé de cardiologues, médecins généralistes, infirmiers, laborantins, etc, ont échangé sur les thèmes liés aux facteurs de risque et prévention cardiovasculaire, cardio-pédiatrique et cardio-oncologique. Ces échanges ont permis de renforcer les approches de soins centrés sur le patient et améliorer les résultats de santé. L’objectif étant de parvenir à une population aux cœurs en meilleure santé.

E.M.-O.

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