Ancien Premier ministre et critique de premier plan du président Faustin-Archange Touadera, Anicet-Georges Dologuele est engagé dans un litige depuis qu’un tribunal a jugé en octobre qu’il avait perdu sa nationalité centrafricaine, car il détenait également la nationalité française. Il a déclaré avoir été empêché de voyager mardi 5 mai 2026 alors qu’il s’apprêtait à embarquer sur un vol à destination d’Addis-Abeba, la capitale éthiopienne. Il devait assister à une réunion du Fonds de paix de l’Union africaine, dont il préside le conseil d’administration depuis 2018.

«Le ministre de l’Intérieur… a clairement décidé que je n’avais pas droit à un passeport centrafricain et que j’étais interdit de sortie du territoire», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse mercredi 6 mai dernier, qualifiant cette décision d’«abus de pouvoir de la part de l’État».
Quelques mois avant que le tribunal n’invalide sa citoyenneté centrafricaine, Anicet-Georges Dologuele avait renoncé à son passeport français en août afin de pouvoir se présenter contre le Président Touadera à l’élection présidentielle de décembre. Après que le président sortant a été déclaré vainqueur avec près de 78 % des voix, l’ancien Premier ministre, arrivé en deuxième position, a dénoncé une fraude massive et a déposé un recours.
Une grande partie de l’opposition a boycotté le scrutin, au cours duquel Faustin-Archange Touadera a été autorisé à briguer un troisième mandat après avoir modifié la Constitution en 2023. Anicet-Georges Dologuele avait également terminé deuxième derrière Touadera lors des élections de 2016 et 2020, toutes deux entachées de soupçons de fraude.

Alain-P. MASSAMBA

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