Le 8 août 2026, le Gouvernement répondait aux sénateurs lors d’une séance de questions orales avec débats portant sur le quotidien des Congolais. La discussion a notamment porté sur l’harmonisation des pensions calculées à partir de la valeur du point d’indice fixée à 300 FCFA pour tous les retraités de la Caisse de retraites des fonctionnaires, ainsi que sur les difficultés d’obtention des passeports, les problèmes d’électricité et d’eau, les pénuries de carburant, les transports, la préservation de l’environnement et la situation de la SOPECO. Les travaux étaient présidés par Pierre Ngolo, président de la chambre haute du Parlement.

Pour cette première séance depuis la formation du nouveau Gouvernement, quatorze sénateurs ont interrogé seize ministres dont deux étaient absents.

Pensions: une mesure jugée difficile à mettre en œuvre

Concernant l’harmonisation des pensions, le Premier ministre a indiqué que l’impact financier de cette réforme est estimé à 2 milliards 700 millions de FCFA. Anatole Collinet Makosso estime toutefois que les conditions de sa mise en œuvre ne sont pas réunies, dans un contexte où les équilibres macroéconomiques restent fragiles. Selon lui, augmenter la valeur indiciaire reviendrait à viser l’objectif du Gouvernement : rendre le paiement des pensions aussi régulier que celui des salaires dans les administrations relevant des budgets de transfert.

Passeports: des difficultés attribuées à des réseaux mafieux

Sur la question des passeports, le ministre de l’Intérieur a expliqué aux sénateurs les difficultés rencontrées par les Congolais pour obtenir ce document, désormais considéré comme un luxe au Congo. Il a affirmé que ce problème serait notamment dû à certains compatriotes ayant organisé des réseaux mafieux liés à la vente de passeports clandestins. «Nous avons fini par les arrêter, y compris leurs commanditaires. À cela, il faut ajouter d’autres aléas structurels qui ont perturbé la relation entre le Gouvernement et la société allemande fournissant les passeports», a-t-il déclaré.
Selon les informations communiquées, le Gouvernement a versé un acompte d’un montant chiffré en milliards, permettant l’obtention de 100.000 passeports et de 330.000 cartes nationales d’identité. Le ministre a précisé que le premier lot de 25.000 passeports doit arriver au Congo au début du mois de septembre, tandis que le second lot est attendu à la fin décembre 2026.
Le ministre a aussi évoqué une dette interne : celle de satisfaire 54.000 demandeurs dont les passeports ont été payés, mais non produits. Il a annoncé la mise en place de nouveaux mécanismes de paiement, destinés à permettre à la société allemande de recevoir l’argent en temps utile.

Sécurisation des paiements et lutte contre les dérives

Pour mieux encadrer la vente des passeports, le Gouvernement a ouvert un compte séquestre auprès d’une banque de la place, afin de sécuriser les fonds issus de la vente. Le dispositif prévoit d’installer des guichets dans les lieux de production, de sorte qu’aucun agent de l’immigration ne touche l’argent.
Le ministre a également condamné la vente illicite de pièces d’état-civil. Il a déclaré avoir découvert, pendant qu’il travaillait à la résolution de la crise du passeport, l’existence d’une autre indélicatesse: des pratiques de corruption et de trafic portant sur des documents officiels.
Parmi les acteurs impliqués, il a cité des agents de mairies, ainsi que ceux travaillant dans les administrations des sous-préfectures et au sein des communautés urbaines, accusés d’avoir formé des complicités permettant la vente illégale de documents officiels.
Enfin, Jean Olessengo Ondaye a rappelé que la falsification et le trafic des actes d’état-civil constituent un problème grave. «Vendre un acte d’état-civil, c’est comme vendre la nationalité congolaise à ceux qui offrent le plus. C’est un délit qui sera qualifié et puni comme tel», a-t-il conclu.

Électricité et eau: des problèmes structurels

Sur les coupures d’électricité, le ministre Bruno Jean Richard Itoua a indiqué que la situation s’explique par des difficultés structurelles touchant l’ensemble du secteur, notamment la production. Aujourd’hui, le Congo produirait 660 mégawatts, alors qu’il faudrait 3.000 mégawatts. Le pays dispose de 500 mégawatts installés, ce qui représenterait un gap de 2.500 mégawatts à combler.
Le ministre a ajouté que la distribution et la commercialisation posent également problème, ainsi que la gouvernance et la gestion financière de la société. Il a affirmé que deux ans ont été fixés pour obtenir une amélioration substantielle, aussi bien dans les grandes villes que dans les zones rurales.
Concernant l’eau, il a indiqué que la production reste inférieure aux besoins estimés, soit 365.000.000 m³. Actuellement, le pays produirait environ 252.900.000 m³, selon ses explications.

Cyr Armel YABBAT-NGO

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