Les deux chambres du Parlement ont organisé, le 7 août 2026, des débats d’orientation budgétaire avec le Gouvernement d’Anatole Collinet Makosso, autour des grandes options de la politique budgétaire pour les trois prochaines années. Ces séances étaient présidées par Alfred Opimbat, premier vice-président de l’Assemblée nationale, et Pierre Ngolo, président du Sénat.

L’orientation budgétaire à moyen terme 2027-2029 s’aligne sur le programme d’action du Gouvernement (PAG), qui reprend les dix priorités du projet de société du Chef de l’Etat, «L’accélération de la marche vers le développement».
Ce cadre budgétaire, outre les objectifs d’accélérer le rythme de désenclavement et de renforcer la croissance économique, vise à garantir la soutenabilité financière de l’Etat, réduire la dépendance aux ressources pétrolières, améliorer la sincérité budgétaire et faire du budget programme un véritable outil de gestion public.
Pour réaliser ces objectifs, les principales orientations de l’action de l’Etat pour les trois prochaines années sont les suivantes: renforcement de la mobilisation des recettes et élargissement de l’assiette fiscale; maîtrise et rationalisation de la dépense publique; restauration de la crédibilité budgétaire; consolidation des excédents budgétaires sur toute la période; renforcement de la gestion de la trésorerie et de la dette intérieure; renforcement de la performance et de la responsabilisation des gestionnaires des programmes budgétaires; réduction et optimisation de la dette publique; optimisation de la gestion des risques budgétaires, etc.
Le Gouvernement promet de poursuivre sa politique de lutte contre la vie chère à travers divers mécanismes, notamment l’application du taux réduit sur les biens de première nécessité, le renforcement de la concurrence et l’amélioration de la productivité des filiales locales.
Pour Anatole Collinet Makosso, l’orientation budgétaire à moyen terme est donc claire. Il s’agit de consolider les grands équilibres macroéconomiques et budgétaires, de poursuivre les désendettements publics et de favoriser le renforcement d’une croissance économique durable et inclusive.
Le Premier ministre a également parlé de l’apurement de la dette intérieure. «Le Gouvernement va accélérer l’apurement de la dette commerciale intérieure, afin d’inciter les opérateurs économiques à redynamiser leurs activités», précisant qu’une attention sera accordée aux investissements publics et aux infrastructures utiles, ainsi qu’à la diversification de l’économie.
Pour lui, l’un des secteurs qui devra requérir une orientation intelligente des ressources, est celui de la défense et de la sécurité.

Les modalités de réalisation de ces objectifs

La trajectoire des recettes serait assurée tant par les recettes fiscales que pétrolières. Elles augmenteraient à un rythme annuel moyen de 3,6% et s’établiraient à 2970 milliards 900 millions en 2027, à 3060 milliards 100 millions en 2028 et se situeraient à 3187 milliards 700 millions en 2029.
Les recettes pétrolières s’établiraient en moyenne à 1268 milliards 700 millions de FCfa et les recettes issues de la vente du gaz à 90 milliards 600 millions de FCfa.
La rationalisation des charges de fonctionnement des services publics devrait permettre de dégager des marges budgétaires nécessaires au renforcement des dépenses sociales et d’investissement.
S’agissant des dépenses, celles du personnel progresseraient de 467 milliards 700 millions FCfa (2027), 502 milliards 900 millions FCfa (2028) et 540 milliards 800 millions FCfa (2029); les dépenses des biens et services passeraient de 259 milliards 700 millions FCfa (2027), 277 milliards 100 millions FCfa (2028) et 295 milliards 700 millions FCfa (2029); les dépenses de transfert se fixeraient à 642 milliards 800 millions FCfa (2027), 658 milliards 800 millions FCfa (2028) et 675 milliards 300 millions FCfa (2029).

Cyr Armel YABBAT-NGO

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