Du 5 au 9 mai 2026 les évêques du Congo réunis au sein de la Conférence épiscopale du Congo (CEC) étaient en conclave au Centre interdiocésain des œuvres, à Brazzaville, pour leur session pastorale annuelle, sur le thème: «Eglise-Famille de Dieu au Congo: De la conversion des structures à la crédibilité du témoignage». Accompagnés par des experts (canonistes en droit, juristes et autres sachants du secrétariat général de la CEC) ainsi que du personnel de «Catholic Relief Services» (CRS), sous la coordination du Dr Alemayehu Gebremariam, représentant résident de CRS en République du Congo, les évêques, sous la direction de Mgr Bienvenu Manamika Bafouakouahou, président de la Conférence épiscopale du Congo, ont revisité les statuts de la CEC, pour adapter le cadre juridique et institutionnel aux évolutions actuelles de l’Eglise universelle. Aussi, ont-ils adopté le plan stratégique 2026-2035, un document de 103 pages divisé en six parties lequel constitue un cadre global et intégré de référence pour la programmation de toutes les actions des diocèses du Congo.

Ce plan est le premier du genre élaboré par la Conférence épiscopale du Congo couvrant une période de neuf ans. Il découle d’un diagnostic stratégique approfondi des différentes commissions épiscopales (manque de financement, déficit de professionnalisation, vétusté des infrastructures), visant à renforcer l’action de l’Eglise catholique qui est au Congo, forte d’une existence de plus d’un siècle, notamment son autonomisation financière. A cela s’ajoute le cadre juridique sur la protection des mineurs et des personnes vulnérables.
L’objectif général de ce plan est d’assurer le développement humain intégral, la promotion de la justice, de la paix et de la bonne gouvernance, en renforçant la capacité d’évangélisation et de l’action pastorale de l’Eglise-Famille de Dieu sur l’ensemble du territoire. Depuis son implantation en 1883, l’Eglise catholique n’a cessé d’implémenter des œuvres qui contribuent à l’amélioration du bien-être spirituel, social et économique de la population.

Pendant quatre jours, des réformes ont été annoncées à travers la révision et l’harmonisation des statuts, la mise en place du plan stratégique et un appel pour la protection des mineurs. A travers ce plan stratégique, l’Eglise catholique qui est au Congo entend structurer plus solidement ses organisations pour mieux affronter les défis futurs ou encore porter mieux son action pastorale, sociale et institutionnelle dans les années à venir d’ici à l’horizon 2035. Ce plan stratégique constitue bien plus qu’un simple document de planification administrative, il est la boussole prophétique qui guidera l’Eglise catholique qui est au Congo vers la célébration de son cent-cinquantenaire de l’évangélisation en 2033. En plaçant l’inculturation, la professionnalisation et la transformation numérique au cœur de son action, l’Eglise s’engage dans un processus de modernisation irréversible. Cette mutation vise un double objectif: renforcer la vitalité spirituelle des fidèles par une foi profondément enracinée dans les réalités congolaises et garantir une autonomie financière solide qui préserve la liberté de parole et d’action de l’institution.
Mgr Bienvenu Manamika Bafouakouahou a indiqué que ce plan stratégique se repose sur trois piliers fondamentaux: «Le renforcement institutionnel de la doctrine sociale de l’Eglise par la liturgie et la pastorale: Moderniser la gouvernance par des outils de pilotage performants, un management des risques rigoureux et une culture de redevabilité. La communion avec la capacités des neuf diocèses du Congo et des 19 commissions épiscopales à travailler en synergie, au-delà des particularismes, pour faire vivre les projets-fédérateurs»; «l’autonomie financière: Développer les infrastructures et promouvoir des activités génératrices de revenus, afin de garantir la pérennité de la mission et réduire la dépendance aux financements extérieurs.
La redevabilité à travers l’instauration de la culture de la transparence et de l’audit, gage de crédibilité auprès des fidèles et des partenaires internationaux»; «le capital humain: investir dans la formation des laïcs, prêtres et religieuses.
Cet investissement sera désormais guidé par une exigence de compétence et de valeur ajoutée, dans le strict respect de l’éthique chrétienne. L’engagement des laïcs et l’intégration massive de leur expertise dans les structures techniques, permettant au clergé de se recentrer sur sa mission pastorale première».
La réalisation, la réussite de cet ambitieux programme et prometteur de la Conférence épiscopale du Congo exige des efforts cohérents, concertés et soutenus pour que chaque acteur de la vie ecclésiale, du secrétariat général de la Conférence épiscopale du Congo, aux commissions épiscopales, conseils, organismes et aux diocèses du Congo à s’approprier cet outil pour que l’Eglise soit plus que jamais, un artisan de paix et un acteur de relèvement économique du Congo.
Il faut des hommes forts, valides, bien outillés et bien formés pour relever le défi. En devenant une Eglise-Famille de Dieu, autonome et rayonnante, la Conférence épiscopale du Congo ne se contente pas de servir la communauté chrétienne; elle se positionne comme un acteur incontournable du développement national, un rempart pour la justice sociale et un gardien infatigable de la maison commune. L’Eglise du Congo s’engage à bâtir une société plus juste, plus fraternelle et plus humaine vers l’horizon 2035.
Partenariat Conférence épiscopale du Congo – Catholic Relief Services
Depuis 2018 les deux institutions collaborent sur divers projets. Catholic Relief Services se déploie dans des secteurs d’intervention, comme l’éducation, la santé, l’assainissement à travers les déchets plastiques avec le concours de l’Union européenne. Plusieurs projets ont été réalisés par les deux institutions. CRS travaille dans une étroite collaboration avec l’Eglise dans l’humilité et la fraternité.
Le président de la Conférence épiscopale du Congo a souligné la portée de ce partenariat qui est un gage au service du développement intégral humain.
Adapter le cadre juridique et institutionnel

Dans le préambule, il est indiqué que les évêques de la République du Congo et ceux qui leur sont équiparés en droit (Prélats territoriaux, vicaires et préfets apostoliques, administrateurs apostoliques), les évêques coadjuteurs, les évêques auxiliaires et les administrateurs diocésains sont constitués en une assemblée permanente dénommée: «Conférence épiscopale du Congo».
C’est une institution à caractère permanent au sein de laquelle les évêques exercent conjointement certaines charges pastorales, dans un esprit de communion et de respect de l’autorité de chaque évêque diocésain. Elle a pour mission de promouvoir le bien que l’Eglise offre aux hommes, par des formes d’apostolat adaptées aux circonstances de temps et de lieux, conformément au droit (canon 447) et à l’Accord-cadre signé le 3 février 2017 entre la République du Congo et le Saint-Siège sur les relations entre l’Etat et l’Eglise catholique qui est au Congo et aussi, le décret n°2025-14 du 5 février 2025 fixant les modalités d’application de cet Accord-cadre.
Protection des mineurs, des personnes vulnérables et la sécurisation juridique des structures
Des cellules d’écoute verront le jour dans les diocèses pour l’accompagnement des mineurs. La sensibilisation, la sécurisation et la formation des acteurs se feront en lien avec la commission pontificale pour la protection des mineurs, la Conférence épiscopale du Congo et la Conférence des supérieurs majeurs du Congo pour un travail commun avec le concours de l’antenne du bureau national.
Pascal BIOZI KIMINOU







