Si le ministère de l’Economie forestière a apporté une assistance financière pour faire face aux obsèques prévues le 13 juillet 2026, il revient à l’État de dédommager les parents de la femme de 58 ans, tuée le 30 juin par un éléphant à Moutamba, dans le département du Niari Comme l’exige le code civil congolais.
Clarisse Mapembé, la victime, était allée avec des voisines en forêt, à la cueillette des feuilles de marantacées. Mais contre toute attente, son chemin a croisé celui du pachyderme qui a eu raison de sa vie.
Beaucoup de témoins déplorent la disparition d’une «femme au foyer exemplaire, mais aussi une leader unique en son genre qui savait parfaitement harmoniser les points de vue divergents parmi ses congénères».
La douleur est davantage vive pour Jean Pierre Mambou d’autant plus qu’il aura probablement du mal à se remettre de la longue absence de sa « chère Clara ». Celle-là même qui «aura illuminé toute sa vie durant plus de trois décennies», selon un ami du couple.
Le dédommagement des familles dans tous les esprits

Et pour les obsèques, M. Mambou surnommé Rachely a pu bénéficier de l’assistance financière du ministère de l’Economie forestière et du conseil municipal de Mossendjo pour enterrer sa femme. Promesse tenue. «Le ministère de l’économie forestière alloue un montant donné pour assister la famille pour la mise en terre de la victime. À notre niveau, nous attendons les instructions du ministère. En ce moment nous sommes en train de rédiger le rapport circonstancié pour informer officiellement la hiérarchie», promettait Zoé Gismonde Moudilou Kinkela, directrice départementale de l’Economie forestière du Niari quelque 4 jours après le drame.
Si beaucoup de parents de victimes d’éléphants se disent satisfaits de l’assistance apportée par le ministère de l’Economie forestière pendant les obsèques, ils sont tout de même mécontents de ce que les pouvoirs publics ne dédommagent pas les ayants droits. «Le dédommagement est tout à fait différent de l’assistance», assène un juriste originaire du village Nzima (Moungoundou-Sud).
La RPDH disposée à accompagner la famille
Malheureusement, les communautés locales et populations autochtones (CLPA) ne connaissent pas assez les procédures. «Cette situation (ignorance des procédures, NDLR) est souvent à la base de la résignation dans les milieux ruraux. Certes, l’éléphant est un animal intégralement protégé et en danger critique d’extinction. Mais les humains ont aussi droit à la vie», déplore Fabrice Sévérin Kimpoutou, chargé de la recherche au sein de la Rencontre pour la paix et les droits de l’homme (RPDH).
Ainsi, «combien faut-il encore de morts pour susciter une action durable de l’État face aux pertes en vies humaines causées par les divagations des éléphants dans le pays?», s’interroge visiblement dépité, Christian Mounzéo, coordonnateur national de la RPDH.
Il faut bien que les lignes puissent bouger. «Il est plus qu’urgent de créer un fonds de soutien aux victimes alimenté aussi bien par l’État que par les partenaires», interpelle Christian Mounzéo. L’ONG de défense des droits humains par son outil dénommé Centre d’assistance juridique et d’action citoyenne (CAJAC) apporte l’assistance juridique et judiciaire aux victimes de violations des droits. Une opportunité à saisir pour les parents.
«Pour sa part, la RPDH appelle les victimes à solliciter son centre d’assistance juridique et d’actions citoyennes (CAJAC) qui assiste les victimes à leur demande et sans honoraires, avec le soutien des projets FGMC 2 et RERIP 3 financé par le FCDO et le CCFD Terre solidaire», rassure le défenseur des droits humains.
John NDINGA NGOMA (De retour de Dolisie)







