Réunis le 19 juin 2026 à Pointe-Noire, à l’initiative de l’association Action sur l’environnement et le développement (AED), des membres de la société civile et des spécialistes de l’environnement ainsi que d’autres acteurs engagés dans la protection des ressources naturelles et de la santé publique, ont appelé à un renforcement de la lutte contre l’utilisation du mercure dans l’exploitation minière artisanale et à petite échelle de l’or.
Lors de cette réunion de sensibilisation organisée dans le cadre de l’examen du projet de renforcement de la Convention de Minamata sur le mercure, les participants ont soutenu les amendements de la Convention de Minamata visant à interdire le commerce international du mercure destiné à cette activité et recommandé la mise en œuvre, d’ici 2028, d’un plan d’action national pour réduire, puis éliminer son utilisation au Congo.
La séance a permis de mettre en lumière les conséquences environnementales et sanitaires de l’utilisation du mercure dans l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE). Dans son exposé, le Dr Eugène Loubaki, président de l’AED, a rappelé que l’exploitation artisanale de l’or demeure l’un des principaux secteurs consommateurs de mercure dans le monde. Après son utilisation pour l’extraction de l’or, une grande partie de ce métal toxique est rejetée dans l’environnement, contaminant les sols, les cours d’eau, les écosystèmes et la chaîne alimentaire. Cette pollution expose les populations à de graves risques sanitaires, notamment les femmes et les enfants.
Les participants ont été particulièrement interpellés par les situations observées dans certaines localités congolaises, à Sounda, à Kellé et à Kitou. Le documentaire projeté a montré que le mercure continue à être largement utilisé pour l’extraction artisanale de l’or. Les images ont également révélé l’implication d’enfants dans cette activité. Pour les intervenants, cette réalité constitue une préoccupation majeure de santé publique et de protection de l’enfance.
Les amendements de la Convention de Minamata présentés et proposés par le Réseau international pour l’élimination des polluants, prévoient, notamment, qu’à compter de leur entrée en vigueur, les Etats membres doivent interdire l’importation, l’exploitation et tout transfert transfrontalier de mercure et de composés du mercure destinés à l’EMAPE. La mise en œuvre d’un plan d’action national définissant les mesures, les financements et les étapes nécessaires pour réduire puis éliminer l’utilisation du mercure est fixé pour 2028.
Pour l’AED qui œuvre pour la protection de la biodiversité, la gestion durable des ressources naturelles et la promotion du développement durable, cette démarche constitue une étape importante vers une exploitation minière plus responsable, conciliant la protection de l’environnement, la préservation de la santé publique et le développement des communautés locales.

Jessica KINANI

Abonnez-vous à notre bulletin d'information

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici