Intitulé: ’’Ecole d’enfants de troupe de Brazzaville, une école octogénaire: histoire coloniale de l’école’’, partie 1, ce film documentaire qui se passe de tous les commentaires, a été projetée pour la première fois, le 15 juillet 2026, dans la salle Culture parc (ex-Canal Olympia) de Brazzaville, en vue d’édifier le public sur le parcours de cet établissement durant la période coloniale comprise entre 1946 et 1960.
D’environ 52 minutes, ce film a été réalisé par l’A.E.T. (colonel de son état) Armand Elenga, historien, essayiste, réalisateur, est un projet porté par l’association des anciens enfants de troupe (A.E.T.) du Congo. Il retrace l’histoire de l’Ecole militaire préparatoire général Leclerc (E.M.P.G.L.), liée dès sa création à la Seconde Guerre mondiale. Ce documentaire permet de sauvegarder la mémoire historique et les archives vivantes, valoriser des archives importantes de l’établissement, comprendre comment l’éducation dispensée par l’armée coloniale a forgé la mentalité des leaders historiques, ainsi qu’offrir un outil pédagogique destiné au grand public en format audiovisuel. Outre cela, cette œuvre vise non seulement à rendre l’histoire de l’E.M.P.G.L. accessible aux jeunes générations congolaises et africaines, souvent informées sur les détails de cette période de transition, mais également de transmettre son héritage, ses valeurs ses traditions, et des jeter un pont mémoriel entre le Congo et la France.
Evoquant les contours de sa réalisation, l’AET Armand Elenga a souligné: «Ce film documentaire: «Nous n’avons pas pu restituer l’histoire des 80 ans de l’E.M.P.G.L, parce qu’en images, on aurait manqué beaucoup de choses. Les jeunes générations doivent avoir quelques repères de l’histoire que nous pouvons tirer des anciens. Donc, nous avons strictement réservé ce film sur cette partie». Toutefois, il a déploré les difficultés liées notamment à l’obtention des archives au niveau national et international. Il a cependant sollicité l’implication des mécènes pour produire d’autres épisodes de ce film documentaire, car il reste encore beaucoup à dire sur cette école.
Pendant la période coloniale (allant de sa création en 1946 jusqu’aux indépendances), l’E.M.P.G.L. a connu deux appellations, à savoir l’Ecole indigène des enfants de troupe en Afrique équatoriale française (A.E.F.)-Cameroun (E.I.E.T.) entre 1946 et 1956, ainsi que l’Ecole militaire préparatoire général Leclerc (E.M.P.G.L.) entre 1956 et 1960. Ces deux appellations successives reflètent l’évolution des structures de l’armée coloniale française.
Le tournage s’est déroulé au Tchad, en République centrafricaine, au Sénégal, au Bénin et au Congo. La soirée s’est achevée par une prestation de slam de l’artiste Arislam. L’initiative a suscité l’intérêt des nationaux et des délégations étrangères venues participer aux festivités marquant les 80 ans de l’école militaire. Chaque séquence a ravivé les souvenirs de plusieurs générations d’anciens enfants de troupe. «Cela m’a rappelé mon jeune âge, je me revois quand j’étais dans les bâtiments de cette école où j’ai vécu dans une ambiance cordiale où la camaraderie était de mise», a affirmé Doungous Kemto (Tchad).
«En regardant le film, en tant qu’A.E.T., on s’y reconnaît, on s’y revoit. Ce sont des choses que nous avions vécu. Je suis vraiment ébahi», a confié Assan Niang (Sénégal).
Alain-Patrick MASSAMBA






