La succession de l’ancien Président Fulbert Youlou, représentée par son administrateur légal Fulbert Charles Sylvain Youlou, a animé une conférence de presse le 26 juillet 2026, à Brazzaville. A cet effet, elle a présenté sa lecture du contentieux autour des parcelles n° 117 et n°118, situées boulevard Denis Sassou-Nguesso, au Plateau centre-ville, en face du ministère de la Culture et des arts. La succession a exposé les éléments qu’elle considère comme établissant son droit de propriété sur ces terrains.
Selon la succession, «après les évènements politiques de 1963 ayant conduit à la chute du Président Fulbert Youlou, premier Chef de l’Etat du Congo, certains de ses biens auraient été nationalisés. Cette réhabilitation constitue un élément important dans son argumentaire juridique».
Le Président Fulbert Youlou, aurait acquis ces parcelles en 1962, avant les acquisitions revendiquées ultérieurement par d’autres parties. Au nombre des documents évoqués par la succession «figurent notamment une autorisation de construire n°10-SA du 15 mai 1962, établie, par les services compétents en matière cadastrale, ainsi qu’une lettre descriptive des constructions adressée par l’architecte PDCG de la Mairie de Brazzaville». La succession a aussi cité l’ouvrage juridique ‘’Le droit des parcelles de terrain au Congo’’, d’Auguste Iloki, magistrat, docteur d’Etat en droit et actuel président de la Cour constitutionnelle du Congo, estimant que certains documents administratifs peuvent contribuer à établir un droit de propriété.
D’après la succession, «de nombreuses décisions de justice auraient, au fil des années, reconnu les droits de la succession Fulbert Youlou sur les parcelles litigieuses». Elle a fait état, entre autres, d’un jugement du Tribunal de Grande instance de Brazzaville rendu en 2006, ainsi que d’autres procédures devant les juridictions supérieures. Cependant, la succession a souligné que les Chambres réunies de la Cour suprême avaient rendu, le 24 janvier 2023, un arrêt favorable aux successibles de Dominique Matanga et attend une nouvelle appréciation de la juridiction compétente.
Outre cela, la succession a rappelé que «le règlement de ce différend doit rester dans le cadre légal et relever des institutions judiciaires compétentes». Et dans le cadre des démarches menées, la succession a souligné avoir saisi un certain nombre d’institutions de la République. Un courrier daté du 4 avril 2023, adressé au Président de la République Denis Sassou-Nguesso, Chef de l’Etat, Chef suprême des armées et magistrat suprême, porte l’objet ‘’Demande d’intervention juridique’’. Dans cette correspondance, il est également mentionné la position sur la ligne foncière et rappelé les documents que la succession considère comme démontrant les droits de feu Président Fulbert Youlou sur les parcelles concernées. Aussi, d’autres correspondances ont été adressées au président du Sénat, et à celui de la Cour constitutionnelle.
Pour la succession, «le règlement de cette affaire ne doit pas dépendre du statut des personnes concernées, mais uniquement des éléments juridiques soumis aux institutions compétentes. « Nous réaffirmons notre volonté de poursuivre les démarches engagées, afin d’obtenir une clarification définitive».
Toutefois, la succession a précisé qu’«il paraît clairement que les propriétés situées aux numéros 117 et 118 Boulevard Denis Sassou-Nguesso, appartiennent indubitablement à la succession de feu Fulbert Youlou, le véritable propriétaire légal et historique. Ces biens, qui constituent un précieux héritage familial, se trouvent malheureusement au centre de convoitises injustifiées, nourries par des personnes qui tentent, par des moyens illégaux et souvent opaques, de s’en approprier».
A.-P.M.







