L’association Action Monde et Développement (AMD) par le biais de son président Jean Claude Gandy, a organisé vendredi 28 août 2026, au Cercle Culturel Sony Labou Tansi de Bacongo, la première édition de la journée culturelle dénommée ‘‘Les Racines de Paul Kamba’’ sur le thème:‘‘Honneur et hommage aux pionniers de la musique congolaise’’. C’est dans le souci de revaloriser la musique congolaise et d’encourager les artistes musiciens des deux rives du fleuve Congo.
Le musicien demeure éternel dans le cœur de celui qui l’écoute’». C’est dans la logique de cette phrase citée par un rappeur que cette activité a débuté par un bref aperçu historique de celui à qui l’intitulé de la journée a été dédié. Paul Kamba alias ‘‘Tata Paulo’’ est né en 1912, mort le 19 mars 1950. Ce dernier est considéré comme le père titulaire de la musique moderne congolaise, qui a fondé vers 1942 le groupe ‘‘Victoria Brazza’’. Seulement par manque de discographie, ce pionnier de la rumba congolaise qui est aujourd’hui reconnue comme patrimoine immatériel de l’UNESCO, est presque oublié par la génération actuelle.
Cette journée peut être repartie en deux temps forts, entre autres: la remise des trophées et des diplômes aux artistes-musiciens et autres profils ayant marqué de leur empreinte l’histoire de la musique congolaise. À l’instar de Kosmos Mountouari (Bantous de la capitale), Mick Michel Moumpala (Mando-Negro), Jean-Baptiste Moukolo ‘‘Sha mouko’’ (Super Tembessa’)…(R. Congo). Mais aussi, d’autres noms qui n’ont pas effectué le déplacement pour de nombreuses raisons, mais ont été tout de même représentés. C’est le cas de Nyoka Longo, de Zaïko Langa-Langa (R.D. du Congo); de son Excellence Denis Sassou Nguesso, représenté par l’attaché du conseiller à la culture et aux arts du Président de la République qui, en guise de reconnaissance, a reçu le Prix du grand mécène.
Dans les années 1980, ayant constaté que les conditions de travail des musiciens ne pouvaient leur permettre de s’épanouir, le Chef de l’Etat va s’impliquer davantage à la création et à l’installation d’une société appelée Industrie Africaine de Disque, en sigle I.A.D. afin de permettre aux orchestres d’enregistrer sur place au lieu de se déplacer vers l’étranger. Et bien d’autres réalisations encore…
D’autres catégories de compétences à recevoir des diplômes sont : des chroniqueurs de musique, travaillant dans les médias comme La Semaine Africaine, la Radio MU.CO.DE.C, Les Dépêches de Brazzaville et les producteurs ont également reçu des diplômes de reconnaissance, pour la promotion de la culture musicale qu’ils font dans leurs médias respectifs.
Puis, s’en est suivie la visite de l’exposition d’œuvres musicales anciennes, la rencontre du public avec les musiciens. Au sortir de là, les impressions des artistes ont tantôt été encourageantes à l’endroit des organisateurs: «Tout début est toujours difficile, mais je sollicite que l’association fasse des efforts pour vulgariser cette journée et faire que les gens soient sensibilisés sur l’existence de cette journée qui est déjà à sa première édition», a affirmé Jack Berikano (Jean-Jacques Bouekassa à l’état-civil). Tantôt plaintives comme, pour lancer un cri d’alarme aux autorités de la place pour qu’elles mettent la main à la pâte, dans l’organisation de la deuxième édition qui se tiendra à Kinkala (Pool) l’an prochain: «La culture nous pose problème, manque d’organisation par rapport à l’époque de Marien Ngouabi où il y avait des festivals dans le pays», a fait entendre Richard Ngoula alias Wachimelle, avant de souligner qu’à travers la culture, un pays peut se développer. Et pour ce qui concerne la formation, l’avenir est prometteur, dit-il, car il est en train de former la relève.
Emu, Mick Michel Moumpala a versé des larmes de joie lors la remise des trophées, «les mélomanes ne doivent pas cesser de soutenir les artistes sans quoi ils ne sauront exister. Dans mon ventre, j’ai beaucoup de choses, il suffit de me donner un coup de poing pour me faire vomir ce que j’ai», à l’exemple d’une chanson sur l’indépendance qu’il a chantée en rappelant l’historicité de la période pré-indépendance.
Durell TSOUMBOU (Stagiaire)







