C’était dans la salle Savorgnan de Brazza de l’Institut Français au Congo (IFC), que la Franco-congolaise Dominique Tchimbakala, a procédé jeudi 10 Septembre 2026, au lancement-dédicace de son essai sur la désinformation en Afrique. Cet ouvrage «Le virus invisible», est paru aux éditions Rineuve; il a été préfacé par le philosophe sénégalais Souleymane Bâchir Diagne.
À cette cérémonie, étaient présents, le Premier ministre Anatole Collinet Mackosso, l’ancien ambassadeur de la France au Congo Nicolas Normand et des professionnels des médias.
Après la présentation des journaux télévisés sur TV5 Afrique pendant sept ans, Tchimbakala se consacre à l’éducation des médias et l’information (EMI), ainsi qu’à la lutte contre la désinformation. Le terrain de travail qu’elle a choisi est le continent africain qui est le plus vulnérable de tous, face aux tentatives répétées de désinformation. «Il y a entre autres: la désinformation sanitaire qui, quand elle est présente dans la population, reduit les chances de survie aux maladies et des gens meurent et continuent de mourir parcequ’ils n’ont pas cru en réalité au virus», a-t-elle déploré.

Elle a également souligné l’existence d’une autre forme de guerre, celle dite «d’influence» dans la désinformation politique, qui de par sa définition, désigne la capacité à agir sur les perceptions pour modifier les attitudes et les comportements dans un sens favorable à ses intérêts. Par exemple, quand une puissance finance des médias étrangers. C’est pourquoi il faut toujours se poser des questions, chercher à vérifier… parce que: Comme dans toutes les guerres, il y a de la propagande et de la contre-propagande qui existent depuis des siècles, a-t-elle rappelé. Ce qui fait que les États sont comme contraints de désinformer la population, pour faire asseoir son pouvoir, mais aussi pour tromper l’ennemi et ses complices.
Outre ces deux guerres précitées, il y a aussi ‘‘la guerre informationnelle’’ qui, a-t-elle dit, n’est pas une expression catastrophiste inventée par les journalistes. C’est un vrai concept qui peut faire en sorte que des sociétés entières, des nations, se détruisent ou s’autodetruisent en manipulant les peuples: Pendant le confinement de la pandémie de Covid-19, c’était extraordinaire de voir à quel point, poussés par la peur, poussés par l’angoisse, parfois aussi par la désinformation, les gens étaient arrivés à en venir aux mains dans les magasins en France, a-t-elle regretté.
Par ailleurs, c’est après de nombreuses conversations avec des amis, des membres de la famille, mais aussi et surtout avec des gens qui l’interpellaient dans la rue, sur ses réseaux sociaux, où elle devait sans cesse répondre à des interrogations . C’est à ce moment-là, qu’elle a pris la résolution d’expliquer à plusieurs personnes pour qu’elles prennent conscience de ce qu’est la désinformation et du danger que celle-ci représente pour les pays. Cette désinformation trouve une brèche, quand le virus a eu prise et a réussi à submerger les défenses immunitaires qui sont: le doute, l’esprit critique et le questionnement, a-t-elle fait remarquer. Cela s’illustre dans le bouquin, quand elle parle de «reconquête des esprits critiques» qui est pour elle est la clé de voûte pour combattre un tant soit peu ce fléau, n’étant plus une épidémie, mais plutôt une pandémie, parce qu’elle est partout.
Parmi toutes les conversations qu’elle a eues, dans le livre figure celle avec son ami Claude qui, lui, croit aveuglement en ce qu’il voit sur Internet. Par contre elle, étant une journaliste aguerrie, et consciente que l’AES (L’alliance des États du Sahel) est un des principaux théâtres de la désinformation politique avec l’affrontement géopolitique qui oppose la France à la Russie. Elle est restée inconvaincue face à tout ce que son camarade lui racontait sur le Burkina Faso qui, en 2025 connaissait ‘‘un boom économique’’; les exploits du président Ibrahim Traoré qu’il avait vu dans une vidéo Youtube, inaugurer l’arrivée des nouveaux tracteurs qui devaient être distribués aux agriculteurs pour la souveraineté alimentaire. La preuve par l’image n’existe plus à l’ère de l’intelligence artificielle, a-t-elle souligné.
Selon elle, Nous sommes tous devenus malgré nous des vecteurs de la désinformation, à l’image du virus qui se transmet de personne en personne. Alors pour se mettre à l’abri, car n’étant pas une fatalité, elle a conseillé les gens à faire du fact-cheking, qui est l’un des gestes barrières qu’il faut respecter comme au temps de la Covid-19 avec la distanciation sociale, avant de relayer toute information. Et c’est là également que les intellectuels devraient intervenir pour éclairer, en organisant des séminaires sur ces sujets et non pas de conduire les peuples comme des moutons de Panurge.
Durell TSOUMBOU
(Stagiaire)







