La semaine passée, nous nous étions réjouis du bon déroulement des élections présidentielles en Zambie. Le vote avait été calme ; les électeurs s’étaient rendus en masses relatives aux urnes dimanche, et l’opposition apparaissait résignée au sortir des urnes. Nous en concluions que le camp des élections apaisées et de la démocratie participative semblait avoir gagné dans son camp. Mais c’était trop beau dans un pays africain ! Trop optimistes. Les éléments du décor habituel n’étaient pas réunis : contestation, violences, arrestations, mort…
Maintenant que tout cela est rassemblé ; que le pouvoir a tiré sur l’opposition faisant un mort ; que les tribunaux ont même été scellés empêchant de recevoir les réclamations de l’opposition, la Zambie ressemble à un pays africain ordinaire. Le banal de sa situation ne nous épargne même pas la scène habituelle du leader de l’opposition obligé de se cacher des forces de l’ordre devenues plus zélées que jamais jusque dans les domiciles privés des opposants. Du déjà vu dans les pays francophones, lusophones et anglophones.
De quelle démocratie l’Afrique cherche-t-elle à s’inspirer ? De quel modèle veut-elle tirer partie pour asseoir une forme apaisée de cohabitation de ses peuples ? Il n’est plus question de danser « l’Africa cha-cha » et de se contenter des proclamations vaines. L’Afrique d’aujourd’hui a faim et soif. Elle veut s’asseoir sur des tables-bancs, engranger des diplômes, entrer dans des laboratoires pour démontrer son savoir et faire triompher la raison. Dommage que nous n’en prenions pas le chemin, et que depuis plus de trente ans nos conférences nationales et nos quêtes de liberté n’aient abouti qu’au sur-place que nous voyons.
Albert S. MIANZOUKOUTA
