C’est à Ouesso, dans le département de la Sangha, où il vient d’être transféré, que l’activiste Fred Makita sera jugé en appel pour «outrage à magistrat». Mais en attendant le procès, la Rencontre pour la paix et les droits de l’homme (RPDH) invite au respect des droits de l’influenceur ainsi que de son intégrité physique.

Selon ses proches et des ONG dont la RPDH, l’équipe en charge de l’escorte de Fred Makita, partie de Dolisie (département du Niari) le 8 mai dans les premières heures de la matinée, est arrivée le 9 mai 2026 à Ouesso. Il a été placé, immédiatement, à la Maison d’arrêt du chef-lieu du département de la Sangha.
Fred Makita a été placé à la Maison d’arrêt de Dolisie depuis mi-janvier. Il avait été arrêté le 9 janvier à Pointe-Noire, à la demande des autorités judiciaires de Dolisie pour «outrage à magistrat et diffamation contre une institution».
Et suite à des exceptions d’incompétence soulevées par les avocats du prévenu, la Cour suprême avait dessaisi la Cour d’appel de Dolisie et ordonné, dans sa décision rendue le 20 février, le transfèrement de l’activiste à Ouesso.
Ce déférement constitue, aujourd’hui, un motif de soulagement pour la RPDH qui, au terme d’une visite effectuée du 8 au 11 avril à Dolisie, s’interrogeait sur «le maintien en détention (de Fred) dans une circonscription judiciaire dessaisie, alors que son état de santé se dégrade constamment», selon l’expression de Franck Loufoua-Bessi, chargé des programmes au sein de la RPDH.
Mais un soulagement qui est loin de dissiper les craintes quant au traitement décent du prévenu. Allusion aux conditions de sa détention durant son séjour de quelque trois mois à la Maison d’arrêt de Dolisie. «L’activiste a déclaré avoir fait l’objet de traitements inhumains et dégradants, y compris un passage à tabac. Conséquemment, il présente encore, à ce jour, des stigmates corporels visibles, notamment des abcès au niveau de la plante des pieds, sans qu’il n’ait eu l’opportunité de rencontrer un médecin», déplorait Franck Loufoua-Bessi, au lendemain de sa mission à Dolisie.
Et en guise d’illustration, des photographies de l’influenceur sont apparues sur le net, mettant M. Makita en relief avec un certain nombre de stigmates: visage marqué, œil gauche tuméfié, plante de pied gauche marquée d’un œdème sanguinolent et purulent, traces de blessures, … alimentant des soupçons de sévices corporels ou autres traitements inhumains et dégradants.
La RPDH exige alors la cessation des sévices corporels et de tout autre traitement inhumain et dégradant ainsi que le respect de l’intégrité physique et psychologique du prévenu en vertu du sacro-saint principe de la présomption d’innocence contenu dans l’article 11 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 à laquelle le Congo a adhéré en 1960 et de l’article 9 de la Constitution de 2015.
L’ONG de défense des droits humains fondée et dirigée par Christian Mounzéo exige également la diligence du procès et, surtout, le strict respect des droits du prévenu et de l’exercice de la justice, conformément aux textes dont la loi 1-63 du 13 janvier 1963 portant code de procédure pénale en République du Congo, particulièrement en son article 98 qui reconnaît à un prévenu le droit de communication avec son conseil.

John NDINGA NGOMA

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