L’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH) demande la mise en liberté provisoire, pour raisons médicales, de Jonas Fred Makita, détenu depuis janvier 2026 et dont l’état de santé est jugé préoccupant par l’organisation. L’OCDH a lancé cet appel jeudi 17 septembre 2026 à Brazzaville lors d’un point de presse animé par Quentin Banga, coordonnateur des programmes, assisté de Derick Mouanda, chargé du programme monitoring, recherche et documentation à l’OCDH.
L’organisation a présenté un communiqué de plaidoyer et d’alerte‘’ consacré à la situation du détenu. Selon l’OCDH, la vie de Jonas Fred Makita serait aujourd’hui gravement menacée en raison de la dégradation de son état de santé et de ses conditions de détention. J. Fred Makita a été interpellé le 9 janvier 2026 à Pointe-Noire par des agents de la Police judiciaire. Après sa garde à vue, il a été transféré à la maison d’arrêt de Dolisie. Il est poursuivi pour des faits qualifiés d’«outrage à magistrat et diffamation contre une institution», qui auraient été commis en décembre 2025. Le dossier a connu un nouveau développement le 20 février, lorsque la Cour suprême a décidé de dessaisir la juridiction de Dolisie au profit de celle de Ouesso. Cette décision faisait suite aux exceptions d’incompétence soulevées par la défense, les plaignants étant notamment un juge d’instruction et le président de la Cour d’appel près le Tribunal de Grande instance de Dolisie.
Le transfert vers Ouesso est devenu effectif le 8 mai. Pour l’OCDH, cette décision a accentué la vulnérabilité du détenu, éloigné d’environ 1 100 kilomètres de ses proches et dépourvu, dans cette ville, d’attaches familiales ou sociales significatives. L’organisation souligne que, dans le contexte carcéral congolais, les détenus dépendent souvent du soutien de leurs familles pour couvrir certains besoins essentiels, notamment l’alimentation et l’accès aux soins.
La situation sanitaire de Jonas Fred Makita s’est, selon l’OCDH, progressivement détériorée. Après avoir observé une grève de la faim à la maison d’arrêt, le détenu s’est évanoui le 1er août 2026. Il a alors été évacué vers la clinique Securex, où il aurait séjourné pendant plusieurs semaines pour des problèmes de santé persistants.
L’organisation de défense des droits humains conteste cependant les conditions dans lesquelles il a regagné sa cellule. Elle affirme que le 13 septembre, Jonas F. Makita a été reconduit de force à la maison d’arrêt, quelques jours après une première tentative de transfert. L’OCDH estime que cette réintégration est intervenue alors que l’état de santé du détenu demeurait préoccupant et sans qu’un certificat médical définitif ou un document attestant de la fin de sa prise en charge hospitalière lui ait été présenté.
Pour étayer son plaidoyer, l’OCDH se réfère à plusieurs dispositions de la Constitution congolaise, notamment les articles 8, 9, 11 et 36, relatifs à la protection de la vie et de la dignité humaine, ainsi qu’à l’interdiction des traitements cruels, inhumains ou dégradants. L’organisation cite également l’article 119 du Code de procédure pénale, qui encadre le recours à la détention préventive, ainsi que la loi n°10-2022 portant Code pénitentiaire, qui prévoit notamment des garanties en matière d’accès aux soins de santé pour les personnes détenues.
À l’approche de l’audience prévue le 24 septembre 2026, Quentin Banga et Derick Mouanda demandent ainsi à la juridiction compétente d’examiner favorablement la demande de mise en liberté provisoire de Jonas F. Makita pour des raisons médicales. L’OCDH réclame par ailleurs une évaluation médicale complète et indépendante de son état de santé, la garantie d’un accès effectif aux soins et le respect de sa dignité pendant toute la durée de la procédure.
Gaule D’AMBERT

