Pendant trois jours au SICOM (Salon de l’information, de la communication et des médias), les médias du Congo ont tenu leur salon à Kintélé. Ils ont scruté leur passé et ébauché leur avenir en ce temps de graves innovations technologiques. Les grands noms de l’histoire des médias congolais : Bernard Mackiza, Rose Samba Toyo, Joachim Mbanza, Emile Ngakama, Jean-Claude Kakou, André Ondélé etc., ont regardé l’horizon vers lequel les mènent les technologies qui aujourd’hui représentent une voie d’avenir mais aussi une menace potentielle tout à la fois. L’intelligence artificielle, par exemple, apporte plus de questions auxquelles elle ne nous prépare pas à répondre…
Alors de quoi demain sera-t-il fait ? De quelles réalités nouvelles la presse congolaise sera-t-elle nourrie? Naturellement, même en s’aidant de l’intelligence artificielle, les réponses qui nous viendront du futur appartiennent au futur, justement. Jamais auparavant, une technologie de l’information et de la communication ne s’était révélée aussi porteuse de potentiels et de menaces. La grande intuition de Gyldas Mayéla, promoteur de ce salon qui s’annonce fructueux à l’avenir (ceci n’était que la première édition), a été de se saisir du microscope de la réalité sociale aujourd’hui pour voir ensemble ce qui va venir.
Et la grande chance des journalistes et communicateurs du Congo a été de fléchir l’oreille d’un Premier ministre Collinet Makosso pour sortir de la routine habituelle de propagande en posant les bonnes questions pour le futur si proche. C’est le propre d’une presse qui veut évoluer de se poser les questions sur son devenir. La presse du Congo sera ou ne sera pas un outil de communication et de développement grâce à la validité de ses interrogations et la fraicheur de sa vision sur elle-même.
Cette première édition qui en appelle d’autres, est une première invite à demeurer elle-même ; à garder le pied au plancher du réalisme pour ne pas se laisser débarquer par cette Intelligence artificielle pas toujours rassurante. Nous avons loupé l’ère de la communication électronique, gardons l’œil ouvert pour que la communication numérique ne nous surprenne pas. Le prochain carrefour sera celui de tous les dangers. La menace est planétaire. Elle n’autorise personne à se tenir à la marge en invoquant des malédictions ataviques de toujours, la colonisation ou la pauvreté : il s’agit d’user de sa tête et de dessiner le futur que l’on veut.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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