Le Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, a procédé le 12 août 2026, en cette Journée internationale de la jeunesse, à l’inauguration du centre d’insertion et de réinsertion sociale des jeunes d’Aubeville, dans le département de la Bouenza. Il s’agit du premier du genre dans la sous-région.
Le préfet de la Bouenza, Marcel Nganongo, a exprimé, au nom de son département, la gratitude des filles et fils de la Bouenza. Il a retracé l’histoire de la cité d’Aubeville, créée en 1947 par un groupe de maquisards français, puis rachetée en 1982 par Elf-Congo, afin d’y organiser des colonies de vacances pour les enfants du personnel.
En 1998, la cité a été cédée au ministère de la Jeunesse pour encadrer et accompagner les jeunes dans divers métiers. Elle a ensuite été restaurée pour l’insertion et la réinsertion sociale des jeunes en conflit avec la loi. Pour cette première vague, le centre accueille 192 pensionnaires.
Marcel Nganongo a invité les pensionnaires à faire preuve de sérieux et de disponibilité, estimant que «tout est encore possible».

Le directeur du centre a présenté l’infrastructure: implantée sur 13 hectares, elle est aménagée pour accueillir, former et accompagner les jeunes vers une réinsertion sociale et professionnelle durable. Le site comprend notamment un bloc administratif, un amphithéâtre de 250 places, des salles de formation et d’enseignement, quatre dortoirs de 100 lits chacun, ainsi que deux réfectoires totalisant 500 places, une cuisine et deux chambres froides.
Le centre dispose également de deux centres de santé intégrés ouverts aux populations des villages environnants, d’un centre de désintoxication à vocation nationale et sous-régionale, et de deux ambulances offertes par la Fondation Edith Lucie Bongo Ondimba. S’y ajoutent des installations sportives, des ateliers et deux groupes électrogènes.
L’établissement s’appuie sur une approche multidisciplinaire, combinant instruction civique, formation qualifiante, suivi psychologique, activités sportives et culturelles. La formation se déroule en trois phases: éducative, pré-intégration et intégrative ou productive, pour une durée totale de treize mois.
Dans son allocution, le ministre Hugues Ngouélondelé a rappelé que le pays fait face, depuis des années, au phénomène de la délinquance juvénile, qui fragilise dangereusement une partie de la jeunesse. Il a souligné que ce fléau, «d’essence nationale» et alimenté aussi par des influences transfrontalières, trouve notamment ses causes dans le décrochage scolaire précoce, la déscolarisation, l’abandon du toit familial et l’addiction des jeunes aux substances narcotiques.
Au-delà de l’accueil, le centre d’Aubeville vise à créer un cadre durable de resocialisation, structuré autour de trois piliers: encadrement psychosocial et médical pour traiter les blessures visibles et invisibles; éducation civique et sportive, afin de restaurer le sens de la discipline, du collectif et de la citoyenneté; accompagnement à l’insertion socio-professionnelle, grâce à l’apprentissage de métiers adaptés aux besoins du marché de l’emploi.
Après avoir remercié les partenaires techniques et institutionnels ayant contribué à la réalisation du projet, le ministre a invité les pensionnaires à cultiver assiduité, exemplarité et civisme pendant toute la durée de leur formation.
À l’issue de la visite du centre, le Président de la République s’est adressé aux pensionnaires. «La nation ne vous a pas abandonné. Au contraire, elle a tout fait pour que vous retrouviez la vie. Pardon, soyez disciplinés. C’est une seconde chance qui vous a été offerte. Je n’aimerais pas entendre de mauvaises choses sur vous. Avec la discipline, vous allez beaucoup gagner», a-t-il affirmé.
Après Aubeville, la construction de nouveaux centres similaires est prévue, notamment à Otsendé et Bokagna (département de la Cuvette), ainsi qu’à Odziba (département du Djoué-Léfini).
Cyr Armel YABBAT-NGO






