Le Programme d’appui à la professionnalisation de la police congolaise et à la mise en place de commissariats pilotes dénommé ‘‘POLICE+’’ démarré le 1er février 2023 et financé par l’Union européenne (UE) à hauteur de 3,2 milliards de FCFA est arrivé à son terme. Ce projet, mis en œuvre dans le cadre de la coopération bilatérale Congo-UE a, en trois ans, appuyé la modernisation de la police congolaise sous plusieurs angles.
La cérémonie officielle de clôture de ce projet a eu lieu mercredi 28 octobre 2026, aux tours jumelles, à Brazzaville. Elle a été réhaussée de la présence du ministre du Plan, de l’intégration régionale et de la prospective Ludovic Ngatsé; de l’ambassadeur de l’UE au Congo Mme Anne Marchal; du directeur général de la Stratégie, de la coopération et de la communication, le Colonel-Major Bellarmin Ndongui, représentant le ministre de l’Intérieur; de la directrice des opérations de CIVIPOL, Mme Anne-Claire Zirnhelt; du chef de projet ‘‘POLICE+’’, Hervé Le Pennec et du directeur du personnel et de la formation au Commandement des Forces de police, le Colonel-Major Jocelyn Koubemba. La fin du projet a été couplée à la visite d’un des commissariats pilotes, le Commissariat central de la Tsiémé, à Brazzaville.

Fruit du partenariat UE-Congo-CIVIPOL (opérateur du ministère de l’Intérieur de la France), le projet a eu pour objectif de prevenir toute forme de torture, de traitement dégradant ou inhumain, en soutenant la professionnalisation de la police congolaise et en mettent en place de commissariats pilotes. Trois composantes ont caractérisé ce projet qui a fonctionné avec le soutien du Commandement des forces de police: la première composante dite normative de surveillance et de contrôle de la chaîne pénale. Elle a porté sur le renforcement des cadres normatif, éthique et déontologique de l’institution policière en intégrant notamment les questions de genre. Tout comme elle a aussi visé l’amélioration des mécanismes de contrôle hiérarchique, judiciaire et démocratique de la police. Dans ce cadre, le projet a projeté la création et la mise en place d’un modèle de commissariat pilote intégrant la société civile. La deuxième a été consacrée à la rénovation des infrastructures et à l’amélioration des moyens et la troisième s’est appesantie sur la formation et le mentorat des forces de l’ordre.
POLICE+ a produit des résultats durables pour la police nationale. On peut retenir que plus de 2 831 agents ont été formés sur l’utilisation des mallettes pédagogiques POLICE+, désormais intégrées dans les dispositifs de formations initiales, continues et d’expertise.
Sur des réformes structurelles, on a noté l’extension du modèle des commissariats pilotes à l’ensemble du territoire, le renforcement des contrôles internes et des capacités d’audit et les investissements directs de la police dans l’amélioration des infrastructures des commissariats. A preuve, le Commissariat central de la Tsiémé, à Talangaï, dans le 6e arrondissement qui a été visité conjointement par les parties européennes et congolaises.
Ce programme a également permis de renforcer le lien entre la police et la population civile et d’accroître les missions de prévention. Pour consolider les acquis du projet, dans le volet ‘’développement de la police de proximité plus précisément, il sera organisé à partir du 2 novembre 2026, une campagne nationale de prévention contre les violences scolaires au sein et aux abords des établissements. A cela s’ajoute une formation en secours opérationnel des agents, laquelle permettra à la police de renforcer son rôle dans l’assistance, le secours et la protection des populations victimes.
Les infrastructures rénovées favorisent une meilleure organisation des espaces de travail, garantissant la disponibilité des espaces dédiés à l’accueil des victimes; ils préservent la confidentialité des plaignants, tout en facilitant l’application des protocoles opérationnels. Les résultats obtenus témoignent d’une dynamique de réforme durable, portée par une forte appropriation nationale.

La cheffe de la délégation de l’UE au Congo, Mme Anne Marchal a précisé que ce projet marque la volonté partagée entre institutions de soutenir le professionnalisme, la déontologie et le sens du service public. «Les résultats obtenus sont significatifs. Des outils de référence utilisés dans les commissariats pilotes; une police de proximité mise en place; l’introduction des nouvelles méthodes d’enquête basées sur les preuves matérielles et scientifiques, etc.» a-t-elle souligné.
L’ambassadrice de l’UE a plaidé pour la préservation des acquis. La pérennisation de ce projet, a-t-elle dit, repose sur la poursuite des efforts entrepris jusque-là. POLICE+ reflète le partenariat UE-Congo qui repose sur le respect des droits de l’homme, de la démocratie et de la bonne gouvernance. Elle n’a pas manqué de remercier la partie congolaise pour l’exécution sans faille de ce projet. «En clôturant POLICE+, je salue un travail mené ensemble et les résultats concrets qui doivent se poursuivre en faveur d’une police professionnelle».
Rappelant la place cruciale de la sécurité dans le pays, le Colonel-Major Bellarmin Ndongui, pour avoir suivi de près ce projet, a relevé que ce programme a abouti au renforcement du cadre règlementaire, du fonctionnement de la police à la production de manuels doctrinaux et pédagogiques… «Le programme sur le terrain s’est avéré plus ambitieux que prévu.»
Heureux d’être associé à cette cérémonie, le ministre du Plan Ludovic Ngatsé a rappelé le caractère historique du partenariat Congo-UE, suivant un nouveau cadre de coopération. Il a indiqué que si le ministère de l’Intérieur exprime la demande, cela pourra être intégrer. «Comme vous le savez la sécurité est complexe: il y a la sécurité informatique, la sécurité logique, etc, nous avons beaucoup de projets avec les partenaires sur la sécurité des citoyens», a-t-il affirmé.
Un agent du Commissariat central de la Tsiémé rencontré lors de la visite, le lieutenant Oniangué a salué le projet, et a estimé que les enseignements reçus et les nouvelles méthodes de travail mises à leur disposition tel ‘‘Identix’’ leur permettent désormais de produire un travail de qualité en termes d’identification des malfrats ou autres personnes interpellées. Un autre officier, le lieutenant de police Serge Ondziel Ona, satisfait du projet, a dit qu’il est d’un grand atout pour les services de police. «A travers ce projet, nous avons pu mettre en place la plateforme ‘‘SIGAS’’ qui nous facilite dans le travail statistique des victimes», a-t-il soutenu.
In fine, le projet a mis en place les bases d’une police moderne, professionnelle et respectueuse des droits fondamentaux.








