Dans le cadre des cafés philo, une réflexion était engagée à l’Institut français du Congo, à Brazzaville, samedi 28 mars 2026, autour du thème: «Qu’est-ce que le bonheur? un dialogue avec Ebénézer». Le débat était animé par Rodreli Peyeneni Koumba, professeur certifié de lycée en philosophie et doctorant. La réflexion a fait ressortir que le bonheur dépend davantage du travail intérieur et de la connaissance de soi que de l’accumulation des biens matériels. Il ne peut être mesuré, car il ne suit pas une logique quantifiable, mais résulte d’un processus de purification des passions et d’acquisition des vertus.
L’analyse sur la question du bonheur a permis de passer en revue les conceptions de Njoh Mouélé, philosophe camerounais, enseignant à l’université de Yaoundé II; Fréderic Lenoir, philosophe-sociologue français et Claver Boundja, philosophe congolais, enseignant à l’Ecole normale supérieure (ENS), à l’université Marien Ngouabi, Brazzaville. A partir de ces trois conceptions, le débat a débouché sur une conclusion soulignant que le bonheur ne s’inscrit pas dans une perspective du quantifiable, plutôt de la connaissance, de la maitrise et de la construction de soi. Pour l’animateur, «lorsqu’on parle du bonheur, on fait allusion au bien-être. Par ailleurs à ce terme se greffe un autre, celui d’être bien, c’est-à-dire savoir comment créer toutes les modalités qu’il faut afin de ne pas faire primer l’accumulation des biens et quelque chose qui ferait d’un individu un être malheureux. Dans ce sens, nous avons eu l’occasion et l’opportunité de dire et de légitimer que le bonheur s’inscrit dans une dynamique de la connaissance de ce qui est essentiel, de ce qui fait anthologiquement de nous des êtres conscients et responsables de certaines actions». Le bonheur ne peut pas se mesurer, a-t-il dit.
Redreli Peyeneni Koumba a démontré qu’au regard des rapports de certains institutions internationales en parlant du développement humain, on nous fait toujours savoir que tel est pauvre, telle population est malheureuse, parce que du point de vue de certains biens, elles n’en possèdent pas (manque de maison, de véhicule), donc ils sont malheureux. C’est dans cette perspective que nous voulons dire qu’on ne peut pas mesurer le bonheur, étant un état. C’est quelque chose qu’on ressent.
Dès l’entame de la conférence, il a précisé que «nous avons voulu distinguer le bonheur et la satisfaction. Le bonheur est durable et global. La satisfaction est éphémère parce que la satisfaction cadre avec l’émotion et le plaisir. C’est une chose qui ne perdure pas». «C’est ainsi que nous avons légitimé une idée phare, celle consistant à dire que le bonheur permet à préserver ce qui est durable, en faisant aussi allusion à certains fondamentaux comme la santé et avoir certaines aptitudes physiques».
«Le message fort que nous lançons à la jeunesse congolaise consiste à dire que réussir sa vie ou être heureux ne dépend pas des calculs extérieurs, c’est-à-dire, parce qu’on accomplit quelque chose qui est à la mode et en vogue, ce que tout le monde soutient. On est dans un état de bien-être lorsqu’on a réalisé quelque chose de voulue et non parce que la société le veut».
Philippe BANZ







