Le grand barrage de la Renaissance a été inauguré le 9 septembre 2025 après quatorze ans des travaux. La pose de la première pierre avait eu lieu en 2011. Localisé dans le Nord-ouest du pays, il a pour but principal de produire de l’électricité pour l’Ethiopie, dont près de la moitié de la population n’a pas accès au courant. Cette infrastructure considérée comme le plus puissant barrage d’Afrique va surtout permettre au pays de s’imposer comme un distributeur régional d’électricité.
C’est un projet colossal, long de 1,3 Km, haut de 145 mètres et composé de 16 turbines, portant la capacité de production à 5000 mégawatts soit l’équivalent de plus de trois réacteurs nucléaires, ce barrage est présenté comme étant le plus puissant d’Afrique. Son achèvement, annoncé le 3 juillet par Abiy Ahmed, Premier ministre éthiopien devant le Parlement, marque la fin d’un chantier hors norme qui devait initialement s’achever en 2017. «La voie de la prospérité nous est ouverte. Rien ne peut arrêter l’Ethiopie désormais. Nous allons nous unir, nous rassembler et travailler ensemble à des projets comme le barrage de la renaissance plutôt que de nous concentrer sur des luttes fratricides et les combats qui nous divisent», avait-il déclaré, accompagné d’une large délégation gouvernementale.
Pour un coût de près de cinq milliards de dollars, le projet a accusé de nombreux retards, notamment à cause des problèmes de mise en œuvre, mais également de financement ou encore de tensions géopolitiques. En effet, situé sur le Nil bleu, cet ouvrage a créé de vives tensions avec l’Egypte qui dépend quasi entièrement du fleuve pour ses besoins. Le Caire assure que le barrage représente une menace existentielle qui dépend à 97% du Nil pour ses besoins en eau et craint qu’il n’entraîne un tarissement de sa principale source d’approvisionnement.
Ce grand barrage doit doubler la production électrique actuelle du pays. Si officiellement il doit permettre de développer l’approvisionnement local, près de la moitié de la population vit sans électricité selon la Banque mondiale. Il est probable qu’une part importante parte à l’exportation régionale afin de permettre à Addis-Abeba de faire rentrer des devises. Le barrage est promu par les autorités comme un exemple d’accomplissement national.
Le barrage de la Renaissance a été construit avec des ressources nationales. En raison du désaccord avec l’Egypte, de nombreuses organisations internationales n’ont pas souhaité le financer. Ainsi pour les Ethiopiens, il représente une symbolique très forte de l’indépendance et de la souveraineté du pays.
Alain P. MASSAMBA







