La commune de Gouro, située dans la province de l’Ennedi-ouest, au Nord du Tchad, fait face à une série d’attaques inhabituelles de chacals qui inquiète énormément la population. L’ONG Nimè Tombà redoute que ces animaux soient porteurs de la rage et appelle les autorités sanitaires et vétérinaires à agir rapidement en mettant à disposition des vaccins antirabiques et en procédant à l’identification des animaux potentiellement infectés.
Les premières agressions ont été signalées au mois de juin, lorsqu’un groupe de chacals a mordu cinq personnes, dont quatre enfants. De nouveaux incidents ont été enregistrés ces jours-ci, faisant plusieurs autres victimes. Face à cette situation, certains des animaux impliqués ont été abattus afin de limiter les risques.
Pour Hissein Tahar Adeli, coordonnateur de l’ONG Nimè Tombà, ces attaques constituent un phénomène inédit dans cette région désertique. Il souligne que les chacals ont toujours coexisté avec les habitants sans représenter une menace. Leur comportement actuel, marqué par des incursions dans les concessions pour s’en prendre aux populations, laisse penser qu’ils pourraient être atteints de la rage ou d’une autre pathologie. Toutefois, aucune analyse n’a encore permis de confirmer l’hypothèse.
L’absence d’infrastructures adaptées constitue un sérieux obstacle à la prise en charge de cette situation. Les prélèvements et analyses ne peuvent être réalisés localement, tandis que les sérums et vaccins antirabiques ont dû être acheminés depuis N’Djamena, située à plus de 1 000 kilomètres, grâce au concours du Dr Djiddi Ali Sougoudi.
Le médecin infectiologue rappelle qu’une attaque d’hyène a également été signalée cette année dans une autre région du pays, illustrant la nécessité de renforcer le dispositif national de surveillance des maladies animales transmissibles à l’homme.
Selon lui, plusieurs défis doivent être relevés simultanément: améliorer la disponibilité des vaccins, garantir le maintien de la chaîne du froid, faciliter leur acheminement vers les zones éloignées et renforcer les compétences du personnel de santé. Il estime également indispensables les services de l’élevage qui interviendraient pour identifier et éliminer les animaux enragés, tout en mettant en œuvre des campagnes de vaccination ciblant aussi bien les animaux sauvages que les chiens et chats domestiques. Il plaide enfin pour la mise en place d’un système permanent de surveillance afin de prévenir de nouveaux cas.
Gaule D’AMBERT







