Sous l’égide de son président, le Pr Aimé Dieudonné Mianzenza, docteur d’Etat ès sciences économiques, le Centre d’études stratégiques du bassin du Congo (Cesbc) a célébré, mercredi 30 juillet 2025, l’an 20 de son existence à Brazzaville, autour d’une table ronde sur le thème: «Financement carbone et développement»

Sous la modération assurée par le Dr Jean Bakouma, des experts venus des institutions du pays sont intervenus sur la question du financement et du développement à partir du carbone.
«Le choix du thème a été motivé par la problématique climatique devenue cruciale. Une urgence ! Le changement climatique est devenu un enjeu primordial pour la planète. En effet, il représente une menace existentielle pour l’avenir de l’humanité. Nous devons étudier nos propres problèmes et proposer nos propres solutions. Dans le cadre de la lutte contre le changement climatique, la finance carbone est essentielle pour la mise en œuvre de la Contribution déterminée au niveau national (CDN)», a affirmé Aimé Dieudonné Mianzenza, avant de définir ainsi le budget carbone qui: «est la quantité maximale d’émissions de gaz à effet de serre qu’il est encore possible d’émettre dans l’atmosphère pour limiter le réchauffement climatique à un niveau donné, généralement 1,5°C ou 2°C par rapport à l’ère préindustrielle. C’est une sorte de «compte» de carbone qu’il reste à l’humanité pour éviter des conséquences climatiques désastreuses».
Répondant à la déception des autorités congolaises, pour qui la conception actuelle des marchés internationaux du carbone n’assure pas une rémunération équitable au pays pour le rôle que jouent ses forêts dans le ralentissement du changement climatique, le président du Cesbs a déclaré: «Le faible prix que les acheteurs imposent pour les crédits carbone ne permet pas en effet de mobiliser suffisamment de ressources pour financer le développement, notamment les énergies renouvelables indispensables pour la transition énergétique. Dans ce contexte, les pays du Bassin du Congo se trouvent écartelés entre deux situations: la première relève d’une faible attractivité des financements publics internationaux; la deuxième est relative à la logique des marchés, notamment la loi de l’offre et de la demande».
Le Cesbc, a-t-il poursuivi, entend participer à la réflexion sur les réformes de fond souhaitables dans cette architecture. Il se donne pour but d’examiner, de façon indépendante, ce que devrait devenir le système mondial de financement du développement compte tenu de la situation internationale actuelle et des leçons tirées des résultats mitigés de l’aide au développement, de répondre en donnant son appréciation sur le parcours déjà accompli par son organisation. «Le Cesbc promeut des politiques efficaces et efficientes à travers l’approche ‘’evidence-based’’…», a-t-il souligné.
Pour les participants, en l’occurrence les membres du Cesbc, trois axes sont à examiner en associant les décideurs du pays: l’organisation du nouveau pacte financier, la mobilisation de nouvelles ressources et l’affectation de ces ressources. Et, c’est toute la substance de cette table ronde qui, on l’espère fort bien, trouvera un écho dans les sphères de décision du pays.

Vingt ans de contribution au débat sur les politiques publiques de développement…

Embrayant sur les 20 ans du Cesbc, Aimé Dieudonné Mianzenza a dit : «Le chemin parcouru n’a pas été facile. Vingt ans, c’est beaucoup. La satisfaction est marquée par le fait que nous sommes encore là. Notre production intellectuelle continue, et c’est le plus important».
Créé en 2005 à Évry (France) pour offrir aux étudiants africains dans ce pays un espace d’appui dans la conduite de leurs recherches en 3e cycle, le Centre d’études stratégiques du bassin du Congo (Cesbc) s’est rapidement transformé en une organisation de recherche et de soutien à tous les porteurs de projet de publication au-delà de la cible universitaire initiale.
Association à but non lucratif, vivant exclusivement des cotisations de ses membres, le Cesbc contribue, par ses analyses économiques, politiques et sociales, au débat sur les politiques publiques de développement et plus récemment d’atténuation et d’adaptation au changement climatique. Son fonctionnement est assuré par des bénévoles.
Espace de production des connaissances et de diffusion des savoirs par ailleurs, le Cesbc a fait son entrée en 2006, dans le numérique. Il a acquis son nom de domaine (cesbc.org) et créé son site internet (https://ww.cesbc.org). En tant que «ressource intégratrice permanente» le site web a obtenu un «International Standard Serial Number» (ISSN 2493-5387).
En 2011, le Cesbc a créé CesbcPresses, son service d’édition (Indicatif éditeur: 979-10-90372). Depuis cette date, ce service a édité 67 ouvrages dont le Catalogue des Thèses de doctorat de la République du Congo (CTDC). Celui-ci est un outil qui recense les thèses de doctorat soutenues par les Congolais dans toutes les disciplines à l’exception des thèses d’exercice de sciences de la Santé humaine et des thèses de la Santé animale. Le catalogue met en avant les efforts fournis par la République du Congo dans la formation universitaire des cadres de niveau doctoral depuis 1960. Entre autres ouvrages publiés, on peut citer: «Spécificités comptables du secteur amont pétrolier», «La transition énergétique en République du Congo : problèmes et perspectives» et «Les défis du financement de la transition énergétique en République du Congo» de Raoul Maixent Ominga; «Le logiciel mental, facteur déterminant de l’émergence des pays africains» de Kitsoro F.C. Kinzouza; «République du Congo-catalogue des thèses de doctorat-Edition 2023», de Aimé Dieudonné Mianzenza et Sidonie Matokot Mianzenza; «Imaginaire et quotidien à travers le discours du kiosque à Brazzaville» de Jean-Pierre Banzouzi…
Le Cesbc a accumulé un fonds documentaire composé de: plus de 100 000 thèses de doctorat de toutes les disciplines provenant de nombreuses universités à travers le monde; de milliers d’ouvrages, de rapports et d’études d’institutions nationales et internationales et d’articles académiques, le tout en format numérique; d’une base de données de plus de 1500 média régionaux et internationaux publiant en allemand, anglais, espagnol, français, portugais et russe. Un fonds, alimenté régulièrement de nouvelles ressources (quotidiennement pour les médias) et permettant aux sociétaires d’accéder rapidement aux données dont ils ont besoin pour leurs recherches. Ce fonds est destiné à devenir la bibliothèque numérique du Cesbc.
Le changement climatique étant devenu un enjeu primordial pour la planète parce qu’il représente une menace existentielle pour l’avenir de l’humanité, les centres d’intérêt actuels du Cesbc participent logiquement au débat sur la crise climatique et la conservation de la biodiversité et de la création. Ces centres d’intérêt s’inscrivent dans une vision plus large liant étroitement les objectifs environnementaux aux objectifs de développement économique et social, en s’inscrivant dans une dynamique qui allie exigences de profitabilité de court terme et impératifs de soutenabilité de la croissance, tout en associant étroitement les dimensions économiques, environnementales et sociales.

Viclaire MALONGA
& Philippe BANZ

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