Le feuilleton entre le ministère en charge du sport et la Fédération congolaise de football (FECOFOOT) a offert un nouvel épisode où les deux parties s’accusent. Quelques semaines après la condamnation par la justice congolaise de trois membres de la Fédération congolaise de football (FECOFOOT) et la séance de travail par visio-conférence tenue entre la FIFA et le Comité exécutif (Comex) restant de l’instance nationale, le ministre Hugues Ngouélondélé a fait une communication le 10 avril 2026 au cours d’une réunion à son cabinet de travail.
Le Comex et les membres des commissions techniques et indépendantes de la FECOFOOT conviés à ces retrouvailles, ne se sont pas présentés. «L’esprit des textes régissant la FECOFOOT n’ayant pas été respecté», avait expliqué, la veille, le Comex dans un communiqué, pour justifier son absence. Finalement, le ministre ne s’est retrouvé qu’en face de certains «dirigeants de clubs, d’ex-membres de la Commission ad hoc et des non-membres de la FECOFOOT», d’après certaines sources. Le patron du sport congolais s’est adressé à ces derniers et a exprimé son indignation, jugeant la posture du Comex «d’erreur de jugement qui montre combien certains ont perdu de vue l’intérêt supérieur de notre football». A l’en croire, cette réunion était plutôt «une occasion d’apaisement, de dialogue et de responsabilité collective»

Henri Endzanga, président par intérim de la Fécofoot

Dans sa déclaration, le ministre a mis aussi en avant sa «volonté d’ouvrir une nouvelle page, une page de réforme, de transparence et de reconstruction». Son devoir, a-t-il affirmé, est de «reconstruire des institutions crédibles, par la confiance entre les acteurs; reconstruire un championnat digne de notre pays et redonner à nos jeunes l’espoir d’un rêve à travers le football». Cependant, il n’a pas manqué de lancer des attaques contre le Comex, au grand bonheur de ses affidés. «Si nos amis de la FECOFOOT disent qu’ils ont le soutien de la FIFA, ils se trompent, mais totalement!», a-t-il affirmé.
Comme il fallait s’y attendre aussi, le Comex a réagi le lendemain, dans un autre communiqué. «Annoncée au départ comme une séance de travail, cette réunion s’est transformée en une communication à charge à l’encontre de la FECOFOOT», lit-on. Le plus grave, il accuse le ministre d’avoir dénigré le premier vice-président de l’institution et «proféré des menaces graves à l’encontre des membres du Comité exécutif en jurant de les mettre hors d’état de nuire». Les dirigeants actuels soupçonnent un objectif caché derrière l’activisme du patron des sports dans ce dossier. «A n’en point douter, l’objectif affiché par Monsieur le ministre est de contraindre ces membres à la démission, par tous les moyens, afin de prendre le contrôle de la FECOFOOT dans le but d’instaurer le fameux ‘’Comité de normalisation’’», pointent-ils. Et de rappeler que les choses du football se traitent à l’intérieur du football, pas ailleurs: «Aucune réforme du football ne peut se faire en dehors du cadre de la FIFA».
Malgré ces frictions, le Comité exécutif affirme rester engagé dans une démarche de collaboration avec la FIFA, la CAF et les autorités nationales, mais exclusivement dans le respect des textes.

Franck SOUAPIBOU

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