En matière d’énergie électrique, le Congo connaît un paradoxe qui constitue un des facteurs explicatifs de sa sous-industrialisation et de son sous-développement. Malgré les énormes potentialités énergétiques électriques dont regorge l’ensemble du pays, la plupart des études disponibles sur la situation énergétique du Congo révèlent une pauvreté énergétique globale qui se traduit par une très faible consommation d’énergie électrique par habitant. Le défi majeur à relever est celui de mettre en valeur les énormes potentialités du pays.
L’énergie électrique, cette denrée rare actuellement à Brazzaville et à Pointe-Noire mais vitale pour l’économie, doit être mise au service du développement du pays et servir de levier pour un épanouissement harmonieux des populations. Elle est considérée à juste titre comme le moteur du développement. Sa disponibilité et sa régularité sont des éléments importants qui influencent la décision d’un industriel ou d’un opérateur économique qui veut se lancer dans ses activités dans notre pays. Le pays possède des potentialités hydroélectriques, mais le niveau de développement de ses infrastructures est faible, tout comme le taux d’électrification du Congo. Aujourd’hui, le service public de l’électricité est caractérisé par une mauvaise qualité du produit, matérialisé soit par des délestages, soit par des baisses de tensions, soit par une indisponibilité du produit. Cette situation est dûe au manque de maintenance (entretien ou renouvellement) des ouvrages existants, l’absence d’investissement pour le développement du secteur et son adaptation pour satisfaire la demande. Face au déficit et au niveau peu élevé pour l’expansion des réseaux, l’unique société d’électricité du Congo doit s’engager dans une réforme profonde du secteur de l’électricité. Ce secteur est régi par quatre lois promulguées en avril 2003. Pour la ville de Brazzaville, étant donnée la limitation technique de la puissance importée de la République Démocratique du Congo (RDC) à travers la ligne à haute tension Kinshasa-Brazzaville, il était prévu la construction d’une centrale thermique Diesel de 32,5 MW et sa mise en exploitation est attendue depuis la fin du troisième trimestre 2006. Avec la réhabilitation et l’extension de la centrale hydroélectrique du Djoué, la puissance installée à Brazzaville sera portée à 62,5 MW, soit environ 80% des besoins actuels. Pour la ville de Pointe-Noire, alimentée actuellement par la centrale hydroélectrique de Moukoukoulou, il est prévu la construction d’une centrale thermique au fuel lourd, à la Coraf, de puissance installée d’environ 32,5 MW. La réhabilitation de la centrale thermique de la société Energie électrique du Congo pour porter sa puissance installée à 18 MW avec l’utilisation de groupes diesel acquis dans le cadre du 44emeanniversaire de l’indépendance et l’extension de la centrale à gaz de Djéno ou la construction d’une nouvelle centrale à gaz fera porter la puissance de 25 MW à 70 MW. La puissance garantie à Pointe-Noire sera alors de 122MW pour une demande établie actuellement à 60 MW. Il était aussi question de faire réaliser les études de faisabilité de la centrale hydroélectrique de Sounda dans le Kouilou d’une capacité de 1000MW. . .
Le secteur de l’électricité connait de profondes mutations dans le monde depuis la fin du siècle dernier ; il doit s’adapter aux besoins de l’économie et de l’ensemble de la société, car l’électricité constitue un des fondements de l’amélioration des conditions de vie des populations et de la compétitivité de l’industrie moderne. Le Congo souvent à la traîne, n’a pas échappé à cette tendance, car pour moderniser, combattre la pauvreté, créer de la richesse, il a besoin d’une électricité moins chère de bonne qualité, en quantité suffisante et de manière permanente. Pour assurer le développement du secteur, il devient impérieux de mieux l’organiser, et rechercher des financements adéquats afin d’en assurer la croissance. Beaucoup de pays africains, devant le fonctionnement chaotique des entreprises d’électricité et pour garantir l’avenir, ont entrepris la mutation profonde de leur secteur de l’électricité. La nécessité de restructurer ce secteur s’impose désormais. Mais, une réforme qui connait un échec coûte cher à la collectivité en général et aux consommateurs en particulier. C’est pourquoi, la réforme bien sentie doit être comprise par l’ensemble des parties afin qu’elle soit mise en œuvre avec succès.
Philippe BANZ







