Les dirigeants des fédérations sportives nationales avaient, jeudi 7 mai 2026, l’oreille suspendu aux lèvres du ministre en charge des Sports qui leur livrait un message. Hugues Ngouélondélé, reconduit quelques jours plus tôt à son poste, prenait le raccourci. Il entend instaurer une nouvelle dynamique dans la gestion du sport congolais, avec davantage de discipline, d’organisation et de résultats.
La rencontre entrait dans le cadre de la phase active de «revitalisation du sport congolais ». Rigueur administrative, respect du cadre légal et des textes, gestion saine, valeurs de discipline, d’exemplarité et de responsabilité, obligation de résultats, patriotisme, etc., le tout en cohérence avec la vision de modernisation portée par le président de la République, Denis Sassou Nguesso : telles sont, entre autres, les orientations du patron du sport congolais.
Il n’y a rien de nouveau sous le firmament, même si les instructions du ministre s’imposaient tout de même pour le début du nouveau quinquennat. L’expérience a démontré que sur le terrain, la réalité contraste fortement avec le discours officiel.
Il n’est pas question de vouloir seulement des résultats. Il est également impératif de créer les conditions pour y arriver. Cela sous-entend la nécessité de travailler surtout dans un environnement approprié. Aussi cela vaut-il la peine que chacun, tutelle et fédérations, joue sa partition, mais en restant chacun dans son couloir.
Le Congo ne peut pas gérer son sport d’élite autrement qu’à travers les fédérations. C’est comme cela que ça se passe dans le monde entier. La séparation des pouvoirs et la complémentarité qui devraient en découler, entre le ministère des Sports et les fédérations sportives, est pertinente et fait ses preuves sous d’autres cieux. Pourquoi pas au Congo ?
A rappeler que lorsque l’Etat définit sa politique en matière de sport et construit les infrastructures, par exemple, il est dans son rôle le plus régulier. Le mouvement sportif qui est par destination tourné vers la mobilisation des talents en vue de la saine émulation trouve mieux à s’exprimer dans le cadre de la liberté qui habite en général les associations.
Enfin, il faut espérer que le ministre des Sports aura les moyens de son ambition et que ses instructions ne seront pas cautère sur jambe de bois.
Franck SOUAPIBOU







