Le programme d’assistance juridique pour l’égalité en droit (PAJED) accuse un huissier de justice d’abus dans la gestion d’une succession et critique une décision judiciaire controversée. L’organisation appelle à des enquêtes approfondies et à des réformes pour garantir une justice plus transparente.
Le PAJED a tenu une conférence de presse le 23 avril 2026 à Brazzaville pour dénoncer ce qu’il considère comme de graves irrégularités dans la gestion de la succession de feue Adel Barayo, une femme d’affaires congolaise. Dans cette affaire, il s’est constitué partie civile et affirme vouloir faire toute la lumière sur la gestion des biens laissés par la défunte, notamment des parcelles et autres biens immobiliers.
Au centre des accusations figure Jérôme Gérard Okemba Ngabondo, désigné comme séquestre judiciaire. Selon le PAJED, son rôle devait se limiter à la conservation des biens jusqu’à la fin du litige. Mais l’organisation estime qu’il aurait outrepassé cette mission en engageant des dépenses et en réalisant des opérations contestées. « Quand Maître Okemba est désigné comme séquestre judiciaire, ses actions échappent au contrôle du ministère public. Face à certaines contestations, un audit a été demandé par le tribunal de Talangaï. Cet audit a révélé un déficit de 78 millions de francs CFA non justifiés. On nous a aussi présenté des factures surchargées», explique Devy Mercia Oyoukou, responsable monitoring et documentation.
Le PAJED se dit également préoccupé par une ordonnance de non-lieu rendue par un cabinet d’instruction du tribunal de grande instance de Brazzaville. L’organisation estime que cette décision ne permet pas d’établir clairement les responsabilités et appelle les autorités judiciaires à diligenter une enquête.
Pour Albertha Alain Locko, responsable communication et affaires juridiques du PAJED, il est temps d’agir: « Nous voulons que toute la lumière soit faite sur cette affaire. Nous demandons à l’inspection générale des juridictions d’identifier les magistrats impliqués, d’examiner les décisions rendues et de traduire les responsables devant le Conseil supérieur de la magistrature ». À travers cette affaire, le PAJED dénonce des dysfonctionnements plus larges dans la gestion des successions au Congo. L’organisation appelle à plus de transparence, à un meilleur contrôle des mandataires judiciaires et à des réformes pour renforcer la confiance du public dans la justice.
Le PAJED est une organisation de la société civile engagée dans la défense des droits de l’homme. Il se présente comme un acteur de veille citoyenne sur les questions de justice.
Christevie Oba et Darchevie KETTE BONAZEBI (Stagiaires)







