La désinformation et les nouveaux défis liés aux réseaux sociaux ont été au cœur du 3e Café citoyen, organisé par l’association Avenir NEPAD, avec l’appui de l’Ambassade de France le mardi le 11 août 2026 au Campus numérique francophone de l’Université Marien Ngouabi. La rencontre a réuni professionnels des médias, acteurs de la société civile, universitaires, étudiants et participants autour du theme: «Médias sociaux et désinformation en République du Congo». A cette occasion, face à la désinformation, les citoyens ont été appelés à être vigilants.
Le Dr Antonin Idriss Bossoto, enseignant-chercheur et expert en communication, a présenté les différents mécanismes de circulation de l’information sur les plateformes numériques. Il a notamment distingué la mésinformation qui correspond à une fausse information partagée sans intention de nuire; la désinformation, créée délibérément pour tromper et la malinformation, qui consiste à utiliser des faits réels hors de leur contexte. L’information vérifiée constitue, quant à elle, la référence à privilégier.
L’intervenant a également alerté sur l’évolution des fake news avec l’intelligence artificielle (IA), notamment à travers les deepfakes capables de modifier des images, des visages et des voix. Selon lui, la viralité des contenus, amplifiée par les algorithmes, peut favoriser la manipulation de l’opinion, la propagation de rumeurs et les tensions sociales.
Face à ces risques, le Dr Bossoto a appelé les citoyens à devenir des «consom’acteurs » de l’information, en développant le réflexe de vérifier l’auteur, la source, la date et le contexte d’un contenu avant de le partager. Il a aussi insisté sur la responsabilité des journalistes, des médias et des plateformes numériques.
Présente à cette rencontre, l’ambassadrice de France au Congo, Claire Bodonyi, a estimé que ces problématiques concernent aussi bien le Congo que la France. Elle a encouragé les utilisateurs des réseaux sociaux à privilégier la prévention et à prendre le temps de réfléchir avant de relayer une information. «Il faut compter jusqu’à trois», a-t-elle conseillé, afin d’éviter de devenir complice d’une désinformation susceptible de causer des dommages.
Au terme des échanges, un même message s’est dégagé : face à la multiplication des contenus trompeurs, la vigilance et l’esprit critique demeurent les premiers remparts. Le premier filtre reste ainsi, le citoyen lui-même.
Darchevie KETTE BONAZEBI






