Dans le cadre des débats d’idées, l’Ong Niosi a organisé lundi 4 juin 2026, à l’Institut français du Congo, à Brazzaville, un débat sur le thème «Conditions et niveaux de vie en milieu rural», développé par Maurice Nsikahana, géographe.La modération a été assurée par le Pr Josué Ndamba, linguiste, membre de Niosi. La conclusion tirée des échanges a révélé que le niveau de vie reste très bas dans le monde rural, au regard des différents facteurs et pesanteurs. Les populations sont confrontées à plusieurs obstacles qui se résument autour du manque de formation et d’outillage pour prétendre avoir une grande production A cela s’ajoute l’enclavement des bassins de production.
L’étude présentée s’est appesantie sur un cas particulier du district de Mindouli, situé à 150 km de Brazzaville, au sud du pays, dans le département du Pool, couvrant une superficie de 1500 km2 pour près de 60.000 habitants. Le sujet abordé a permis de faire le bilan des différentes opérations de développement rural. Le débat a prouvé que l’enclavement n’a pas fait évoluer les villages. C’est ainsi que la pauvreté persiste dans le monde rural, malgré des décennies de projet de développement déployés dans la campagne. Les multiples interventions de la puissance publique dans la campagne depuis la période coloniale jusqu’à ce jour ne permettent pas de changer le monde rural. Les résultats ne sont pas probants. Les conditions de vie des populations restent précaires. La pauvreté est profonde et absolue. Les besoins primaires ne peuvent être satisfaits. Le taux d’épargne est très faible. Comment sortir de cette pauvreté dans la campagne? Cette interrogation a permis au conférencier de donner quelques pistes de voies de sortie pour commencer à améliorer les conditions de vie des populations et diminuer la pauvreté dans les milieux ruraux. Eviter le monopole d’achat et l’enclavement de l’arrière-pays. L’agriculture est pratiquée par des vielles personnes, parce que les jeunes sont aspirés par la ville, du fait que le métier d’agriculteur n’est pas bien rémunéré. Pour Maurice Nsikahana «Il faut rendre au métier d’agriculteur sa valeur. Si c’est bien rémunéré, ce métier va attirer des gens. L’agriculture n’est pas une activité de pauvres. Si on veut investir dans l’agriculture il faut y mettre des moyens pour sortir les gens de la pauvreté. Le pauvre ne fait pas de l’agriculture. Celui qui veut de l’agriculture doit disposer des moyens financiers et techniques. Il faut professionnaliser le métier d’agriculteur».
Philippe BANZ







